
Le secteur agricole camerounais franchit une nouvelle étape vers la modernisation et l’autonomisation de sa jeunesse. Le 28 avril 2026, à Yaoundé, vingt-cinq jeunes originaires de l’arrondissement de Mbang, dans le département de la Kadey, ont officiellement reçu leurs kits d’amorçage.
Ce geste marque leur départ pour Kribi, où ils intégreront l’incubateur de la filière banane plantain pour une formation intensive aux métiers de l’agrobusiness. La cérémonie, riche en symboles, était présidée par le ministre de l’Agriculture et du Développement rural (MINADER), Gabriel Mbaïrobe. Il était entouré pour la circonstance du ministre du Travail et de la Sécurité sociale ainsi que de celui de la Fonction publique et de la Réforme administrative, témoignant du caractère transversal et prioritaire de cette initiative gouvernementale.
Dans son allocution, Gabriel Mbaïrobe a brossé un portrait élogieux du potentiel de cette culture. Loin de se limiter à la simple consommation domestique, la banane plantain s’affirme comme une filière industrielle complète. « La banane plantain est une filière riche. Elle produit de la farine sans gluten très prisée, du vin, et même des fibres textiles issues de son tronc pour la fabrication de sacs », a souligné le ministre.L’ambition nationale est claire : porter la production de 7 millions à 10 millions de tonnes par an. Pour le membre du gouvernement, la région de l’Est, grâce à son potentiel foncier, est appelée à devenir l’un des principaux bassins de production pour atteindre cet objectif de souveraineté alimentaire et d’exportation.
Le projet, porté par Tony Obam Bikoue, président de la Filière Banane Plantain du Cameroun (FBPC), vise à former 10 000 jeunes sur l’ensemble du territoire. Salué par le MINADER comme une initiative concrète qui sort enfin du domaine du rêve, ce programme d’incubation à Kribi ne se limite pas à l’apprentissage des techniques de culture.
Tony Obam Bikoue a précisé que ces jeunes seront formés sur toute la chaîne de valeur, incluant la transformation et la commercialisation. L’objectif est de créer une nouvelle génération d’entrepreneurs agricoles capables de gérer des exploitations rentables et de générer de la richesse. Il a toutefois rappelé aux bénéficiaires que ce parcours exigera discipline, persévérance et un sens aigu des responsabilités.
Pour les 25 bénéficiaires de Mbang, cette sélection est perçue comme une chance historique. L’un des récipiendaires a exprimé sa gratitude, soulignant que l’agriculture est désormais vue comme une voie royale de réussite sociale et économique face au chômage.
Ces futurs agropreneurs se sont engagés à ramener dans la région de l’Est l’expertise acquise à Kribi afin de créer des emplois locaux et d’inspirer d’autres jeunes à retourner vers la terre. En investissant dans ce capital humain, le gouvernement et la FBPC misent sur un effet de levier qui pourrait transformer durablement le paysage économique rural du Cameroun.