Alain Boutchang : “Et si la souveraineté monétaire africaine passait par la souveraineté distribuée ?”

Les économistes atterrés rappellent que la financiarisation néolibérale a transformé la monnaie en instrument de domination, en la confiant à des banques centrales « indépendantes des États mais dépendantes des marchés ».

Cette critique n’est pas nouvelle.

Mais elle devient urgente.

Car pendant que certains projets politiques envisagent de remplacer la monnaie publique par des monnaies privées non régulées, un autre chemin, plus discret, plus robuste, plus démocratique, s’ouvre sous nos yeux.

Un chemin qui ne passe ni par la recentralisation technocratique, ni par l’abandon aux géants technologiques.

Un chemin qui passe par *la souveraineté distribuée.*

– *Pourquoi cette voie concerne directement l’Afrique francophone et la zone CFA ?*

Parce que la question monétaire y est existentielle.

Parce que la dépendance structurelle y est documentée.

Parce que les marges d’action institutionnelles y sont limitées.

Et surtout :

Parce que les sociétés africaines disposent déjà des infrastructures sociales que le reste du monde cherche encore à inventer.

Tontines.

Caisses solidaires.

Clubs d’épargne.

Coopératives informelles.

Réseaux diasporiques.

Ces mécanismes, longtemps considérés comme « archaïques », sont en réalité des *technologies sociales de confiance.*

Elles ont survécu à toutes les crises.

Elles ont financé des générations d’entrepreneurs.

Elles ont maintenu la cohésion là où les institutions formelles échouaient.

– *La blockchain ne remplace pas ces pratiques : elle les amplifie.*

Ce que la technologie permet aujourd’hui, c’est de transformer ces pratiques en *infrastructures financières distribuées*, capables de :

• Tracer la confiance,

• Automatiser les engagements,

• Sécuriser les contributions,

• Mutualiser l’épargne,

• Financer les territoires,

• Gouverner collectivement les ressources.

C’est exactement ce que nous appelons *Private Equity Citoyen* :

une finance qui ne part plus des marchés, mais des communautés.

*Les clubs CIGALES : un modèle d’ancrage pour une souveraineté monétaire distribuée*

Les clubs CIGALES, que nous contribuons à développer et adapter, ne sont pas de simples clubs d’investissement.

Ce sont des *micromarchés financiers communautaires* avant l’heure :

• Gouvernance citoyenne,

• Investissement local,

• Transparence radicale,

• Ancrage territorial,

• Financement d’entrepreneurs visibles et responsables.

En Afrique francophone, ce modèle peut devenir un *levier stratégique* :

• Pour réduire la dépendance au crédit bancaire,

• Pour structurer l’épargne locale,

• Pour financer les infrastructures sociales,

• Pour renforcer les diasporas comme acteurs économiques,

• Pour préparer l’émergence de monnaies communautaires indexées sur la confiance.

– *La souveraineté monétaire ne sera pas décrétée. Elle sera distribuée.*

Elle ne viendra pas d’un sommet international.

Elle ne viendra pas d’une réforme institutionnelle imposée d’en haut.

Elle émergera des communautés, des territoires, des diasporas, des réseaux citoyens.

C’est là que se joue l’avenir.

C’est là que se construit la résilience.

C’est là que se fabrique la souveraineté.

Et c’est précisément ce que nous bâtissons, pas à pas, avec le Private Equity Citoyen.

La question n’est plus de savoir si ces modèles vont émerger.

Ils émergent déjà.

La question est : *voulez-vous les accompagner, ou les subir ?*

Pour en savoir plus ? inscrivez-vous : https://masterclass.capitaldiaspora.fr

Par Alain Boutchang, Acteur & Chercheur – Conseiller en Gestion de Patrimoine (CGP) & Conseiller en Investissement Financier (CIF) – Certifié AMF, Inscrit à l’Orias, Membre de la CNCEF

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