
Les 29 et 30 avril 2026, Yaoundé accueille le premier Forum national dédié à la sécurité routière, avec une ambition claire : intégrer l’intelligence artificielle dans les politiques de prévention. Face à des accidents encore trop nombreux, les autorités misent sur une approche plus prédictive et technologique pour sauver des vies.
Le Cameroun amorce un virage décisif dans sa politique de sécurité routière. À Yaoundé, la tenue du tout premier Forum national consacré à cette problématique marque une volonté affirmée de moderniser les outils et les stratégies. Au cœur de cette rencontre : l’intelligence artificielle (IA), désormais perçue comme un levier essentiel pour anticiper et réduire les risques sur les routes.
Dans un contexte où les accidents de la circulation continuent d’être qualifiés d’« épidémie silencieuse » par les autorités, l’enjeu est de taille. Il ne s’agit plus seulement de réagir après les drames, mais de les prévenir en amont. L’IA ouvre justement la voie à cette mutation en permettant une exploitation fine et en temps réel des données liées aux comportements des conducteurs, aux excès de vitesse, à la qualité des infrastructures ou encore à la fiabilité des véhicules.
Déjà introduites dans certains dispositifs de suivi du transport interurbain, ces technologies ont montré leur potentiel. Le forum entend aller plus loin, en explorant des solutions capables de détecter les situations à risque avant qu’elles ne dégénèrent. L’amélioration des contrôles routiers, l’optimisation des campagnes de sensibilisation et la prise de décision basée sur des données fiables figurent parmi les pistes envisagées.
Cette initiative intervient alors que l’actualité rappelle régulièrement la gravité de la situation. Le récent accident sur l’axe Garoua-Maroua, ayant causé la mort de treize personnes, souligne les limites des dispositifs actuels, souvent fragilisés par l’indiscipline et le non-respect du code de la route. Malgré cela, des progrès sont observés : le nombre d’accidents et de décès a nettement diminué au cours de la dernière décennie, une évolution que les autorités attribuent en partie à l’introduction progressive d’outils technologiques.
Au-delà de l’innovation, ce forum s’inscrit dans une réforme plus large du secteur. La création prochaine d’une Agence nationale de sécurité routière devrait permettre une meilleure coordination des actions et renforcer l’efficacité des politiques publiques. L’intégration de l’intelligence artificielle dans son fonctionnement pourrait en faire un modèle de gouvernance moderne à l’échelle régionale.
Conférences, expositions, distinctions et campagnes de sensibilisation rythmeront ces deux journées, avec un objectif commun : fédérer l’ensemble des acteurs autour de la sécurité routière. Car si la technologie offre des perspectives prometteuses, elle ne saurait remplacer la responsabilité individuelle. L’efficacité des dispositifs dépendra aussi du comportement des usagers, appelés à adopter une conduite plus prudente et respectueuse des règles.
Ainsi, l’intelligence artificielle apparaît moins comme une solution miracle que comme un outil puissant, capable d’accompagner un changement durable des pratiques et de contribuer, à terme, à sauver des vies sur les routes camerounaises.