Orpaillage illégal : le Cameroun lance une offensive pour assainir la filière aurifère

Les autorités camerounaises annoncent une opération imminente de démantèlement des sites de traitement d’or non conformes dans la région de l’Est. Une action qui s’inscrit dans une stratégie globale de reprise en main du secteur minier.

Le gouvernement du Cameroun s’apprête à franchir un nouveau cap dans la lutte contre l’orpaillage illégal. Sous l’impulsion du ministre par intérim des Mines, Fuh Calistus Gentry, une opération de terrain visant à démanteler les unités de traitement d’or opérant en marge de la réglementation est annoncée dans la région de l’Est. Cette mission, qui mobilisera notamment la Société nationale des mines, les autorités administratives et les forces de sécurité, marque le passage à une phase répressive après plusieurs mois de mise en garde.

L’initiative intervient dans un contexte de durcissement progressif des mesures à l’encontre des exploitants non conformes. Depuis l’entrée en vigueur du Code minier de décembre 2023, les autorités multiplient les actions pour contraindre les opérateurs à respecter les exigences légales. Retrait d’autorisations, délais de mise en conformité et campagnes de sensibilisation ont précédé cette décision de démantèlement total des sites récalcitrants.

En dépit des ultimatums accordés, une partie des acteurs du secteur n’a pas répondu aux exigences fixées, notamment en matière de caution environnementale, de transparence de la production ou encore d’adoption de méthodes d’exploitation plus respectueuses de l’environnement. Face à cette inertie, le gouvernement entend désormais imposer le respect des règles par la force.

Au-delà de la fermeture des installations illégales, cette opération traduit une volonté plus large de restructurer une filière longtemps marquée par l’informel. L’exploitation aurifère, en grande partie artisanale, échappe encore largement au contrôle de l’État, entraînant des pertes économiques significatives et des impacts environnementaux préoccupants.

En optant pour une approche plus rigoureuse, les pouvoirs publics ambitionnent de mieux encadrer l’activité, de sécuriser les recettes publiques et de préserver les écosystèmes. Les opérateurs disposés à se conformer aux nouvelles règles pourront poursuivre leurs activités, mais dans un cadre désormais plus strict, reflet de la volonté affichée d’assainir durablement le secteur minier camerounais.

Laisser un commentaire