Cameroun : le cinéma retrouve la vie à l’université de Yaoundé

Il y a des silences qui durent trop longtemps. À Ngoa-Ekellé, le projecteur s’était éteint, laissant la poussière s’installer sur les rêves. Mais cela est désormais du passé grâce à la réouverture de l’ancien Canal Olympia sous le nouveau nom : Majestic University of Yaounde 1.

Imaginez l’obscurité qui se fait. Ce frisson particulier quand le faisceau de lumière transperce le noir pour frapper l’écran blanc. Après des années de léthargie, la mythique salle de spectacle de l’UY1 a fait peau neuve. Les fauteuils ne sont plus de simples sièges, ils sont les premières loges d’une renaissance. Ce n’est pas seulement de la pierre et du mortier. C’est un acte de résistance culturelle. Dans une ville où les salles de cinéma ont longtemps été les victimes collatérales de la révolution numérique et du piratage, voir l’institution académique la plus prestigieuse du pays investir dans le « grand écran » est un signal fort.

Plus qu’une salle, une fabrique de regards

L’enjeu dépasse le simple divertissement. En redonnant vie au cinéma au cœur du campus, l’Université de Yaoundé I et son partenaire ivoirien Majestic à qui la gestion de la salle a été remise ; font du campus ce laboratoire de l’esprit critique. Ici, on ne viendra pas seulement consommer des images ; on viendra apprendre à les décoder.

Le storytelling est limpide : il s’agit de réconcilier l’étudiant avec le patrimoine cinématographique africain et mondial. C’est l’occasion de voir les œuvres des maîtres  les Sembène Ousmane, les Jean-Pierre Dikongué Pipa là où elles doivent être vues : dans la majesté d’une salle obscure, et non sur l’écran étriqué d’un smartphone.

L’écran de demain

En parcourant les couloirs rénovés, on sent que l’ambition est totale. Modernisation technique, acoustique soignée, programmation annoncée comme éclectique… Le recteur et ses équipes semblent avoir compris que l’université du XXIe siècle doit être un pôle de vie culturelle intense.

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