
Au-delà de la question du plagiat, Astrid-Aimé décrit une procédure judiciaire qu’il juge opaque, des menaces d’attaques pour diffamation s’il parle, et un silence médiatique assourdissant quand certains ne sont pas flou. Il dit n’avoir “plus rien à perdre” et veut porter l’affaire sur le terrain de la justice comme sur celui de l’opinion publique.
L’éditeur et le “danger à long terme”
En 2025, les Éditions Zoé célèbrent leurs 50 ans d’existence.
Astrid-Aimé met en cause la responsabilité de la maison d’édition, en affirmant notamment :
• qu’avant sa découverte des similitudes, Zoé a reçu un document contenant des extraits de ses trois prochains ouvrages, conservés pendant plusieurs mois, ce qu’il perçoit comme une menace potentielle pour sa sécurité artistique ;
• que l’éditeur continue, selon lui, à exploiter le livre de Max Lobe dans plusieurs pays, alors qu’une plainte pénale pour des faits allégués de contrefaçon est déposée.
Quand on traverse cette épreuve, on ne regarde plus un éditeur de la même manière », confie-t-il.
“Le préjudice moral dépasse largement le seul cadre financier : perte de confiance, peur de publier, sentiment d’insécurité permanente. Il parle de ce qu’il ressent comme un « viol littéraire”.
Une procédure obscure et un silence médiatique
Sur le plan judiciaire, Astrid-Aimé dit se heurter à une résistance silencieuse et à des propositions de “faux équilibre” journalistique à Genève, comme celle d’un article où les similitudes ne sont pas montrées aux lecteurs.
Il affirme notamment, preuve à l’appui, s’être vu refuser l’accès à son propre dossier de plainte par le ministère public de Genève, ce qu’il considère comme contraire au Code de procédure pénale en matière de droits d’une personne lésée et partie civile. Il dit également avoir reçu des menaces d’actions en diffamation s’il s’exprimait publiquement. Mais il a depuis longtemps dépassé ce mur de la peur apparemment.
Cette situation renforce chez lui l’impression que le système protège davantage les intérêts des prévenus suisses qui tantôt désignent Max Lobe et les Éditions Zoé, tant mentionnent Max “Ndjock” Lobe tout seul.
Parallèlement, il déplore le silence des médias suisses :
selon lui, plusieurs rédactions ont été contactées, sans qu’aucune enquête approfondie ou article de fond n’ait, à ce jour, été consacré à son dossier.
« Je constate une chose : quand il s’agit de célébrer les 50 ans des Éditions Zoé, un roman, tout le monde est là.
Quand il s’agit d’enquêter sur ce qui l’a peut-être nourri, il n’y a plus personne », lâche-t-il. “Je n’ai plus rien à perdre”. Sollicitée dernièrement par Astrid-Aimé dans une lettre devenue publique, la directrice des Éditions Zoé a, selon lui, répondu par l’intermédiaire de son avocate, principalement sous la forme d’une menace d’attaque en diffamation s’il venait à s’exprimer publiquement sur le cas – sans répondre sur le fond des similitudes.
Aujourd’hui, Astrid-Aimé se dit déterminé à aller au bout de son combat, sur le terrain judiciaire comme sur celui de l’opinion. Depuis qu’il a commencé à s’exprimer, il dit attendre l’exécution de ces menaces :
« Qui dit diffamation dit confrontation », résume-t-il.
« On m’a pris mon père de papier, mon nom, des années d’un vécu, des mois de travail.
Je n’ai rien à perdre.
Je veux que cette affaire sorte de l’ombre, que les similitudes à foison soient regardées, point par point, et que chacun voie ce qui a été fait. »
Une cagnotte pour les frais de justice et des questions qui dépassent son seul cas
Pour faire face aux frais de justice potentiels, Astrid-Aimé a lancé une cagnotte afin de solliciter un soutien financier.
Le lien est disponible en bio de sa page Instagram @astrid_aime_auteur.
En restant sur les faits tels qu’il les expose, les questions qui se posent dépassent son seul parcours :
• Qui est propriétaire d’un récit de vie ?
• A-t-on le droit d’en recycler un ?
• Plagiat ou pas plagiat ?
• Et si oui, s’agit-il d’un cas isolé ? les accusés sont coutumiers du fait ? Que se passe t’il dans le monde de l’édition ?
Pour Astrid-Aimé, ce combat touche à la fois au droit d’auteur, à la mémoire d’un père et à la place des créateurs indépendants dans un écosystème littéraire parfois obscure.