“Haman Mana : Anicet Ekane,  une mort planifiée et exécutée méthodiquement “

 » Vous allez le payer !

Ceux qui ont assassiné Anicet Ekane peuvent pavoiser : ils ont atteint leur funeste dessein.

N’ayons pas peur des mots: une mort planifiée et exécutée méthodiquement sur un timing de plusieurs semaines n’est pas le fait du hasard. Cette mort a été donnée de la pire des manières : après  torture physique et morale sur l’intéressé. Anicet Ekane, souffrant de multiples affections, dont un problème respiratoire grave, a été privé de soins adéquats, et ceci, sur une longue durée. Disons les choses plus simplement : il a succombé à un étouffement lent et en toute conscience, en regardant dans les yeux ses bourreaux. 

L’encore adolescent, dont la conscience politique s’est aiguisée le jour où il a assisté à l’exécution de Ernest Ouandié n’a pas eu la mort instantanée du leader upéciste sous les balles du pouvoir d’Ahidjo. Au poteau d’exécution, le pouvoir de Biya lui a offert le « lit d’exécution », plus de cinquante ans plus tard. 

Les assassins de Anicet Ekane ont voulu par son exécution, instiller la terreur, la peur, la torpeur en tuant ce que cet homme représentait. Entré en clandestinité sous Ahidjo, il en est sorti pour porter le flambeau des luttes des « annnées de Braise » qui ont marqué la fin du parti unique et l’avènement des espaces de libertés que la dictature de Yaoundé s’active à réprimer. 

Ce que la dictature de Yaoundé essaie de tuer, c’est le courage, incarné par cet homme qui déjà en 1991, lors de l’affaire qui marque la brisure des lignes, se tint droit dans ses bottes devant le Tribunal militaire, apostrophant au besoin à travers ses juges, le pouvoir déjà arc-bouté sur lui-même et se refusant au multipartisme . 

Tuer Anicet Ekane, c’est dire aux camerounais que par balles, par empoisonnement, par étouffement et tous les autres moyens possibles, ils effaceront tous ceux qui oseront s’opposer à leur intention de tenir le pouvoir qui leur permet de piller la ressource vitale de leur pays. 

Le pouvoir anthropophage de Yaoundé se nourrit, non seulement des richesses des Camerounais, mais aussi , du sang des Innocents. » 

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