
À l’heure où le Contrat de désendettement et de développement (C2D) approche de son terme, le Cameroun et l’Agence française de développement (AFD) réaffirment leur volonté de poursuivre une coopération bâtie sur deux décennies de projets structurants. Lors d’une rencontre ce mardi 9 juin tenue à Yaoundé entre le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, et une délégation de l’AFD, les deux parties ont passé en revue les acquis du partenariat et esquissé les contours des futurs domaines d’intervention.
Le Cameroun et la France entendent maintenir la dynamique de collaboration qui les unit depuis plusieurs années dans le financement du développement. C’est dans cette perspective que le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, a reçu à Yaoundé une délégation de l’Agence française de développement conduite par Maurizio Cascioli, directeur adjoint du département Afrique de l’institution.
Cette visite s’inscrivait dans le cadre des travaux liés au comité d’orientation stratégique du Contrat de désendettement et de développement (C2D), mécanisme qui a permis de financer de nombreux projets au Cameroun grâce à la conversion d’une partie de la dette en investissements de développement.
Après vingt années de mise en œuvre, les deux partenaires ont dressé un bilan des réalisations enregistrées et engagé une réflexion sur les perspectives de coopération pour les prochaines années.
Des résultats visibles dans plusieurs secteurs sociaux
Les échanges ont notamment permis de revenir sur les impacts des programmes financés dans le secteur de la santé. Parmi les initiatives mises en avant figure le mécanisme du chèque santé, qui a facilité l’accès aux soins pour de nombreuses femmes, notamment durant la grossesse, l’accouchement et la période postnatale.
Les discussions ont également porté sur les avancées enregistrées dans les domaines de la formation professionnelle, du développement agricole et du renforcement des compétences dans les filières industrielles. Ces programmes visent à améliorer l’employabilité des jeunes et à répondre aux besoins croissants du marché du travail.
Pour les responsables de l’AFD, ces différentes réalisations illustrent la capacité du partenariat à produire des résultats concrets au bénéfice des populations.
Les infrastructures au cœur des priorités futures
Au-delà du bilan des projets déjà réalisés, les deux parties ont examiné les secteurs susceptibles de bénéficier d’un accompagnement renforcé dans les années à venir. Les infrastructures figurent parmi les priorités identifiées.
Les besoins liés au développement des réseaux de transport, à l’amélioration de la connectivité régionale et au renforcement de l’accès à l’énergie ont occupé une place importante dans les échanges. Les projets portuaires, les infrastructures routières stratégiques ainsi que les investissements dans la production électrique apparaissent comme des leviers essentiels pour soutenir la croissance économique du pays.
Le développement du corridor routier reliant Yaoundé à Douala a également été évoqué comme un enjeu majeur pour la compétitivité nationale et l’intégration économique.
Miser sur le capital humain
Les questions relatives au développement du capital humain ont également retenu l’attention des deux délégations. Les responsables de l’AFD et du gouvernement camerounais s’accordent sur la nécessité d’investir davantage dans la jeunesse, considérée comme un moteur essentiel de la croissance future.
L’accès à la formation, à l’emploi et à l’entrepreneuriat constitue aujourd’hui un défi majeur dans un contexte marqué par une forte demande sociale et une population jeune en constante augmentation.
Une attention particulière est également accordée à l’autonomisation des femmes, dont la participation accrue à l’activité économique est perçue comme un facteur déterminant pour le développement inclusif du pays.
Vers une nouvelle génération de partenariat
Alors que le C2D arrive progressivement à son terme, les autorités camerounaises et l’AFD souhaitent désormais construire une nouvelle phase de coopération adaptée aux priorités actuelles du pays.
L’ambition est de capitaliser sur les acquis des vingt dernières années tout en mobilisant de nouveaux instruments financiers et techniques capables d’accompagner les objectifs de transformation économique, d’industrialisation et de développement durable du Cameroun.
Cette rencontre à Yaoundé confirme ainsi la volonté commune de préserver un partenariat stratégique qui, au fil du temps, a su évoluer pour répondre aux besoins du pays. Une coopération appelée à se renouveler autour de projets structurants destinés à soutenir la croissance, renforcer les infrastructures et améliorer les conditions de vie des populations.