Astrid-Aimé, écrivain Franco-camerounais, dépose une plainte pénale contre les Éditions Zoé à Genève pour « Pillage littéraire »

Astrid-Aimé, auteur Franco-camerounais indépendant, accuse les Éditions Zoé (Suisse) et l’écrivain Max Lobe de pillage littéraire, de contrefaçon et d’usurpation d’identité. Selon lui, son récit autobiographique Repères aurait servi de matrice au roman La danse des pères, publié en 2025 aux Éditions Zoé. 

Une affaire de plagiat défraie  la chronique littéraire en Europe en ce moment. Une plainte pénale pour des faits de contrefaçon est déposée à Genève. L’intéressé dénonce aussi le silence des médias locaux et des blocages dans la procédure. Rappel des faits.

Une accusation de “vol de biographie”

À cheval entre Paris et Genève, Astrid-Aimé, auteur français d’origine camerounaise, dit vivre depuis plusieurs mois un “cauchemar littéraire qu’il ne souhaite à personne”. Il accuse l’écrivain camerounais-suisse Max Lobe et son éditeur, les Éditions Zoé, d’avoir puisé dans son livre Repères pour composer le roman La danse des pères, paru en 2025.

Selon Astrid-Aimé, il ne s’agit pas seulement d’un plagiat de style ou de thématiques, mais d’un véritable « vol de biographie » : « On m’a pris mon père de papier, mon nom, des années d’un vécu, des mois de travail. »

Une plainte pénale pour des faits de contrefaçon a été déposée en Suisse, à Genève plus précisément, affirme l’auteur. La plainte a été enregistrée, mais Astrid-Aimé estime que la manière dont la procédure se déroule laisse croire que l’on protégerait davantage les intérêts des prévenus.

Repères : un récit autobiographique publié en 2021

Repères est présenté par son auteur comme un récit autobiographique où se croisent son parcours et celui de son père. Il y raconte son enfance entre Cameroun et France, le placement en foyers, le départ pour la France, le retour au pays après onze ans de séparation avec son père ; mais aussi la guerre du maquis, vécue par ce dernier.

À la page 265 de Repères, Astrid-Aimé évoque, par la voix de son père, la signification de son nom de famille originel, Fotso, signifiant « la danse des rois ». Le motif du père et du nom y est central.

On y trouve donc : un père réel décrit avec précision; une réflexion serrée sur les traditions, la famille, la colonisation; la masculinité noire et la filiation.

« Tout est vrai. Je n’ai changé que certains prénoms de membres de ma famille », insiste Astrid-Aimé.

Une chronologie limpide

Pour mieux comprendre :

2019 : Repères est protégé à la SGDL (Société des Gens de Lettres) à Paris.

2020 : Astrid-Aimé propose à Max Lobe, via Instagram, de lui envoyer le début de son texte pour un retour constructif “en tant qu’aîné” dans le milieu littéraire. Max accepte. Astrid-Aimé s’exécute et transmet également le synopsis de son livre à paraître.

Selon l’auteur, la réponse de Max Lobe, d’après leur conversation, est sèche et distante. 

“Je viens de relire ton texte, ce que je peux dire c’est que c’est pas bon. J’enlève ma bouche sur ça. Du courage” Max Lobe

Septembre 2021 : Astrid-Aimé auto-édite Repères, préfacé par le Dr Pierre Duterte, psychiatre reconnu et auteur de nombreux ouvrages. Le livre sera présenté au Cameroun la même année et salué notamment par feu M. Serge Pouth suite une interview consacrée a l’émission Littéraire, Ponctuation.

2022 : Astrid-Aimé présente son ouvrage à l’UNESCO, où il rencontre l’illustre conteur et universitaire Massamba Gueye qui, après lecture, encense Repères, affirmant que sa plume « voyage entre Mongo Beti et Proust ».

2023 : après le décès de son père, que les lecteurs voulaient rencontrer, Astrid-Aimé entame une tournée internationale tonitruante sur trois continents : France, Cameroun, Luxembourg, Suisse (Genève à maintes reprises), Bruxelles, Montréal, Québec. Le succès est au rendez-vous, et selon lui, au vu et au su de Max Lobe : les deux se suivent alors sur Instagram.

C’est dans ce contexte qu’en 2025, à Genève, il tombe sur La danse des pères.

La lecture va, selon lui, tout faire basculer.

*À suivre dans l’épisode 2 : chiffres, similitudes, expert, et ce que signifie « 207 parallèles pour 161 pages ».

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