
Le ministre de l’Intérieur du Cameroun, Paul Atanga Nji, a déclaré lors d’une conférence de presse que le leader de l’opposition Issa Tchiroma Bakary sera traduit en justice pour avoir déclaré unilatéralement sa victoire aux élections et organisé des manifestations « illégales » qui ont entraîné des pertes en vies humaines.
Les raisons détaillées de cet ultimatum sont les suivantes :
Autoproclamation de victoire : Issa Tchiroma, candidat du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC), s’est déclaré vainqueur de l’élection présidentielle avant l’annonce officielle des résultats par les autorités compétentes, ce qui est considéré comme illégal par le gouvernement.
Troubles à l’ordre public : Les actions d’Issa Tchiroma et de ses partisans, notamment l’appel à des opérations « villes mortes » et des manifestations post-électorales, ont été jugées subversives et susceptibles de provoquer des troubles graves à l’ordre public.
Menaces de poursuites judiciaires : En réponse, Paul Atanga Nji a fustigé ces agissements, les qualifiant de « déclaration de guerre » au régime et a annoncé que Issa Tchiroma et ses « complices » seraient traduits devant les juridictions compétentes pour répondre de leurs actes.
« Aucun écart ne sera toléré » : L’ultimatum d’Atanga Nji s’accompagnait de la mise en garde ferme qu’aucun écart ne serait toléré et que le gouvernement ferait respecter la loi et l’ordre républicain.
À Mandjou, où la mairie calcinée porte encore les traces des tensions post-électorales, le ministre de l’Administration territoriale a lancé un ultimatum foudroyant contre Issa Tchiroma Bakary, accusé d’avoir “envoyé les gens dans la rue”. « Il va payer », a-t-il martelé. Une sortie d’une rare violence, qui choque même au sein du système. Jusqu’où ira ce bras de fer explosif ?
La tournée de Paul Atanga Nji dans l’Est a pris des allures de règlement de comptes. Face aux murs noircis de la mairie de Mandjou, il n’a pas hésité à imputer à Issa Tchiroma Bakary la responsabilité directe des violences ayant suivi la proclamation de la victoire de Paul Biya.
« Aucune concession. Cet homme politique va payer », a-t-il lancé, en évoquant des actes de destruction, des documents brûlés et la mise à sac complète des bâtiments administratifs.
Une déclaration jugée « excessive et dangereuse » par plusieurs fonctionnaires rencontrés sur place, mais applaudi par des partisans du RDPC qui dénoncent eux aussi « les appels à la désobéissance » attribués à l’opposant.
Les tensions qui traversent Mandjou ne sont qu’un miroir grossissant d’un climat politique déjà saturé. Depuis le scrutin du 12 octobre, le pays vit au rythme de vidéos virales, de procès-verbaux contestés et d’accusations croisées. Sur les réseaux sociaux, les partisans d’Issa Tchiroma dénoncent une manœuvre visant à diaboliser leur leader.
Une stratégie de provocation ou un coup de force ?
Ultimatum d’Atanga Nji : menace politique ou diversion ?
À Yaoundé, lors d’une conférence de presse, Paul Atanga Nji a affirmé que des poursuites seraient engagées contre Tchiroma et certains de ses proches. Selon lui, l’opposant aurait “lancé des appels répétés à la désobéissance sur les réseaux sociaux”, ce que les partisans de Tchiroma qualifient de “montage grossier”.
En résumé, l’ultimatum visait à contraindre Issa Tchiroma à cesser ses actions de contestation et à se soumettre à la légalité républicaine, sous peine de poursuites judiciaires.