La chute du Naira nigérian redonne vie au coton camerounais 

La faiblesse d’un voisin fait la force de l’autre. Selon le Ministère des Finances, la dépréciation de la monnaie nigérian est en train de provoquer un tournant majeur pour la filière cotonnière camerounaise.

Depuis 2010, le Naira a chuté de près de 90% face au Franc CFA, avec une dévaluation de 40% rien qu’en 2024. Ce décrochage a des effets contrastés sur l’économie camerounaise ( Le Naira : De 3,29 FCFA à moins de 0,40 FCFA). Il rend les produits nigérians (y compris l’essence de contrebande, le zoua-zoua) extrêmement bon marché, ce qui a atténué l’impact de la hausse des prix du carburant illicite. Et à côté, cela fait les affaires du Coton camerounais. L’appréciation du FCFA rend la contrebande de coton vers le Nigeria non rentable pour les producteurs.

Historiquement, une grande partie du coton camerounais échappait au circuit officiel pour être vendue illégalement au Nigeria, où les prix étaient plus élevés. Aujourd’hui, l’effondrement du pouvoir d’achat au Nigeria et la faiblesse du Naira ont inversé cette tendance. Les producteurs n’ont plus intérêt à contourner la loi, ce qui les incite à réintégrer massivement le circuit formel géré par la Sodecoton.

Cette restructuration progressive est une véritable bouffée d’air frais permettant à la Sodecoton de mieux encadrer la production; mais aussi réduire les pertes financières dues aux ventes illégales. Et enfin, la production pourrait atteindre 350 100 tonnes en 2025 (prévisions BEAC), confirmant la reprise du secteur. La crise monétaire nigériane se révèle ainsi comme une occasion en or pour renforcer la résilience et la compétitivité du Cameroun.

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