
Le Conseil constitutionnel du Cameroun a ouvert les audiences ce 4 août afin d’examiner les 35 recours déposés par des candidats recalés par ELECAM. Après des heures de débats intenses, le contentieux relatif à la candidature de l’ancien président du MRC, investi par le MANIDEM, a été mis en délibéré. La décision finale est attendue ce mardi à 15h.
Le délibéré du recours introduit par Maurice Kamto auprès du conseil constitutionnel sera rendu demain mardi 5 août à 15 heures l’issue des audiences relatives à la requête déposée après la publication par ELECAM de la liste provisoire des candidats retenus pour les élections présidentielles du 12 octobre 2025.
Le ministère de l’Administration territoriale (Minat) a précisé qu’Anicet Ekané n’est plus président du MANIDEM depuis 2021. Sur cette base, le juge conseiller Aaron Logmo a proposé le rejet de toutes les candidatures présentées par ce parti. L’avocat du Manidem explique que le rejet de la candidature de Maurice Kamto est une injustice. Anicet Ekané a qualifié Dieudonné Yebga d’ancien camarade de son parti « exhumeur de cadavre » confirmant son exclusion du Manidem.
Maurice Kamto a indiqué que Dieudonné Yebga n’a pas apporté la preuve qu’il est membre du Manidem. Pour cette raison et s’adressant à Clément Atangana, il a émis le vœu que « Vous devez simplement, monsieur le président conclure que c’est à tort que Elecam a rejeté la candidature de Monsieur Kamto qui a pourtant été présenté conformément à la Loi.
Parmi les points saillants évoqués durant l’audience : la crédibilité du bureau du MANIDEM présenté par Dieudonné Yebga, qui prétend diriger le parti depuis 2021. Or, sur la liste fournie par ce dernier, les membres mentionnés sont majoritairement décédés, et les survivants siègent dans le bureau d’Anicet Ekane, président contesté mais officiellement subventionné par le MINAT depuis 2018.
Coup de théâtre : les statuts déposés par Yebga ne sont pas signés, et l’avocat du MANIDEM, Me Mustapha Ngouana, affirme ne pas avoir été informé d’une quelconque évolution des statuts du parti. Autre élément troublant : une correspondance du ministre Paul Atanga Nji adressée à ELECAM, déclarant qu’Anicet Ekane n’est plus président du MANIDEM. Cette pièce, jugée incongrue par les avocats de Maurice Kamto, a été perçue comme une ingérence politique dans une procédure juridique. Le candidat du Manidem à l’élection présidentielle dans sa déclaration, a martelé : « Notre dossier est complet. Nous attendons du Conseil une décision fondée sur le droit et l’intérêt de la République. »
En marge de l’audience sur le contentieux électoral à la Cour constitutionnelle, une dizaine de militants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) ont été arrêtés par la police alors qu’ils manifestaient pacifiquement devant les grilles de l’institution.
Ces interpellations ont rapidement fait réagir Mamadou Mota, président par intérim du parti, qui a publié un communiqué musclé dans lequel il qualifie ces arrestations d’« arbitraires » et de « brutales ». « Cette répression est une atteinte flagrante aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales », a-t-il dénoncé, tout en rappelant que la présence des citoyens à cette audience publique relève d’un droit constitutionnel.
Pour le leader du MRC, la démonstration de force policière traduit surtout la fébrilité du pouvoir face à une opposition qui persiste dans sa quête de transparence et de justice électorale. Mamadou Mota s’inquiète en particulier de ce qu’il appelle des « déportations » vers des lieux inconnus, une pratique selon lui contraire aux règles d’un État de droit. Il exige la libération immédiate des militants interpellés et réitère l’engagement du MRC à poursuivre son combat démocratique « malgré l’opposition farouche du régime en place ».