
L’Université d’Ebolowa franchit une nouvelle étape dans son développement avec la mise en service des premières infrastructures de son campus de Metyipkwalé. Porté par un programme d’investissement de plus de 91,7 milliards de FCFA, le projet entend doter la région du Sud d’un véritable pôle universitaire, capable d’accueillir jusqu’à 18 000 étudiants par jour et de stimuler, au-delà de la formation, le logement, le commerce, le transport et les services.
Le mercredi 5 août 2026 marque une étape importante dans la construction de l’Université d’Ebolowa. Le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur et chancelier des Ordres académiques, le Pr Jacques Fame Ndongo, a procédé à l’inauguration des premières infrastructures du campus de Metyipkwalé, en présence de membres du gouvernement, de responsables universitaires, des autorités administratives et locales ainsi que des représentants de la communauté universitaire.
Cette mise en service concrétise une partie du vaste programme engagé par l’État pour doter la jeune université de ses propres infrastructures. Le chantier est piloté dans le cadre du Programme d’appui à la composante technologique, professionnelle et facultaire de l’enseignement supérieur (ProActpf), destiné notamment à construire et équiper les installations universitaires.
La première phase a permis d’achever et d’équiper trois ouvrages. Il s’agit de deux bâtiments administratifs réalisés par les entreprises Somaf et Waga, ainsi que d’un amphithéâtre d’une capacité de 500 places. L’ensemble représente un investissement de 8,89 milliards de FCFA TTC.
Neuf infrastructures pour une université appelée à changer de dimension
Les ouvrages inaugurés ne constituent toutefois que le début d’un projet beaucoup plus ambitieux. Le programme prévoit au total neuf infrastructures majeures destinées à renforcer considérablement les capacités d’accueil et les conditions d’enseignement.
Le dispositif comprend notamment deux amphithéâtres de 500 places, deux autres d’une capacité de 300 places, trois blocs administratifs et deux blocs pédagogiques. Ces derniers doivent regrouper à eux seuls 60 salles de cours.
À terme, l’investissement global est évalué à plus de 91,7 milliards de FCFA TTC. Une enveloppe qui traduit l’importance accordée au développement des infrastructures universitaires dans la région du Sud et à la montée en puissance de l’Université d’Ebolowa.
Le chantier s’étend sur un domaine foncier de 97 hectares. L’ambition dépasse donc largement la construction de bâtiments destinés aux étudiants et aux enseignants. Il s’agit de faire émerger un véritable écosystème universitaire, articulé autour de la formation, de l’innovation, des services et de l’activité économique.

Un campus au service de plusieurs bassins de vie
L’un des enjeux majeurs du projet réside dans son rayonnement territorial. Le campus de Metyipkwalé est appelé à contribuer au développement des sites universitaires d’Ebolowa, de Sangmélima et de Kribi, renforçant ainsi le rôle de l’enseignement supérieur dans la structuration économique du Sud.
Une fois la première phase pleinement opérationnelle, les infrastructures pourront accueillir jusqu’à 18 000 étudiants par jour, grâce à une organisation des enseignements répartie sur trois plages horaires.
Une telle capacité est susceptible de modifier profondément l’environnement économique de la ville. L’arrivée quotidienne de milliers d’étudiants, d’enseignants, de personnels administratifs et de visiteurs entraînera mécaniquement une augmentation de la demande dans plusieurs secteurs.
Logement, restauration, transport, commerce, télécommunications et services de proximité devraient notamment bénéficier de cette nouvelle dynamique. À cela pourraient s’ajouter les marchés liés à l’entretien des infrastructures, à la fourniture d’équipements, à la sécurité, à la maintenance et à diverses prestations nécessaires au fonctionnement du campus.
Pour les opérateurs économiques locaux, l’Université d’Ebolowa peut donc devenir un important moteur de création d’activités et de revenus.
Faire des infrastructures un levier de qualité
L’investissement public ne pourra toutefois produire tous ses effets que si les infrastructures sont correctement utilisées et entretenues. Lors de la cérémonie, le chancelier des Ordres académiques a insisté sur la responsabilité des différents acteurs de la communauté universitaire dans la préservation de ce patrimoine.
Responsables administratifs, enseignants et étudiants sont appelés à veiller à la bonne utilisation des équipements et à leur entretien. L’objectif est de faire de ces nouveaux espaces des outils au service d’une formation plus performante, davantage professionnalisée et mieux connectée aux exigences du marché du travail.
Cette orientation rejoint plusieurs priorités affichées pour l’enseignement supérieur camerounais : amélioration de l’assurance-qualité, professionnalisation des parcours, transformation numérique des enseignements et renforcement de l’employabilité des diplômés.
Autrement dit, les nouveaux bâtiments ne doivent pas être considérés comme une simple réponse au déficit d’infrastructures. Ils doivent également accompagner une évolution du modèle universitaire, avec davantage de liens entre formation, innovation et besoins de l’économie.
Le transfert des activités attendu dès la prochaine rentrée
Le gouvernement entend désormais accélérer la mise en exploitation du nouveau campus. Le ministre d’État a ainsi demandé au recteur de l’Université d’Ebolowa d’organiser, dès la prochaine rentrée académique, le transfert effectif et intégral des activités universitaires vers Metyipkwalé.
Cette perspective donne une dimension supplémentaire à l’inauguration des premières infrastructures : le campus doit rapidement passer du statut de chantier à celui de principal espace de fonctionnement de l’université.
La question foncière constitue, dans cette perspective, un autre enjeu stratégique. Les autorités administratives, traditionnelles et les populations riveraines ont été appelées à contribuer à la protection des 97 hectares affectés au projet. La sécurisation du domaine apparaît indispensable pour éviter les occupations irrégulières et préserver les possibilités d’extension du campus.
Ebolowa veut s’imposer comme un pôle universitaire et économique
Avec ce programme, l’État ne cherche donc pas uniquement à construire une université plus grande. L’ambition est de créer, à Metyipkwalé, un espace capable d’accompagner la transformation de toute une région.
Le rapprochement entre infrastructures universitaires, professionnalisation des formations et développement des activités économiques pourrait progressivement renforcer l’attractivité d’Ebolowa et, plus largement, des bassins d’Ebolowa, de Sangmélima et de Kribi.
Le véritable défi sera désormais de transformer les milliards investis dans le béton, les équipements et les espaces pédagogiques en résultats durables : des formations adaptées aux besoins du marché, des compétences mieux valorisées, de l’innovation et, surtout, davantage d’opportunités pour la jeunesse.
À Metyipkwalé, l’Université d’Ebolowa se construit donc bien plus qu’un campus. Elle prépare les bases d’un nouveau pôle de savoir, de compétences et d’activités économiques au cœur de la région du Sud.