
« Le Cameroun pleure un fils, l’État doit rendre des comptes C’est avec une profonde affliction et une vive indignation que j’ai apris le décès tragique de l’opposant politique, Monsieur Anicet Ekane, survenu en détention.
Le décès de M. Ekane, après seulement 38 jours d’incarcération au Secrétariat d’État à la Défense (SED) à Yaoundé, soulève des questions fondamentales sur le respect des Droits de l’Homme et la Dignité humaine au Cameroun. Une arrestation Contestable, des Conditions de Détention Inacceptables.
Je m’associe aux voix qui dénoncent avec la plus grande fermeté les circonstances ayant mené à cette mort en détention :
• Le Droit à la Santé bafoué : Il est inacceptable qu’un homme, dont l’état de santé était connu et dont les avocats et le parti (Manidem) réclamaient l’évacuation sanitaire, ait été privé des soins médicaux adéquats et urgents. La vie d’un citoyen, quel que soit son statut ou ses opinions, doit être la priorité absolue de l’Etat.
• L’opacité des Procédures: Le maintien en détention prolongée de M. Ekane, sans que la nature précise de son régime d’incarcération ne soit clairement établie au-delà des 48 heures de garde à vue, illustre un usage arbitraire et discrétionnaire du pouvoir.
• L’atteinte à l’Etat de Droit: Ce drame est un signal d’alarme sur l’état des lieux de détention et le traitement réservé aux prisonniers politiques ou d’opinion dans notre pays. La mauvaise gestion de cette situation porte une honte nationale et met à mal les fondements d’un État de droit.
J’exige du gouvernement et de la justice camerounaise :
1. Une Enquête Indépendante et Transparente pour établir les responsabilités exactes dans le décès de Monsieur Anicet Ekane. L’enquête annoncée par le Ministère de la Défense doit être ouverte, crédible et non partisane.
2. La Clarification immédiate des conditions de détention au SED et dans toutes les prisons du Cameroun, avec l’assurance que les détenus aient accès à des soins de santé dignes et appropriés.
3. Le Respect Inconditionnel des droits et libertés de l’opposition politique. L’arène politique ne doit pas devenir un lieu de mise en danger de la vie des opposants.
En tant que médecin et citoyen engagé, je dis: la vie d’Anicet Ekane a été perdue dans des conditions qui crient vengeance. Nous ne pouvons plus tolérer que l’on vole non seulement la liberté des hommes, mais aussi leur souffle. Le Cameroun mérite la paix, la prospérité, et surtout, la dignité pour tous ses fils. La vérité est le seul pansement possible à cette blessure immense.»
