
Le Cameroun est actuellement à la recherche de 31 milliards de FCFA (30,9 milliards de FCFA précisément) pour boucler le remboursement final de son premier Eurobond émis en 2015.
Émission initiale : En 2015, le Cameroun a émis un Eurobond (une obligation internationale) d’un montant total d’environ 750 millions de dollars (environ 375 milliards de FCFA à l’époque). Échéance : Cette émission arrive à maturité, avec une échéance finale prévue pour le 19 novembre 2025. Remboursements précédents : Le pays a déjà refinancé et remboursé la majeure partie du principal. Les 31 milliards de FCFA restants représentent le dernier paiement nécessaire pour solder définitivement cette dette extérieure spécifique.
Objectif
L’objectif est d’honorer cette échéance pour maintenir la crédibilité du pays sur le marché international de la dette et diversifier ses sources de financement à l’avenir. Le remboursement de cette dette majeure pourrait également offrir une nouvelle marge de manœuvre budgétaire et financière au Cameroun.
Le Cameroun paie par ailleurs annuellement environ 35 milliards de FCFA au titre des intérêts sur l’ensemble de ses Eurobonds, et le remboursement du principal des émissions plus récentes est prévu en plusieurs versements entre 2030 et 2032.
Selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA), le reliquat de 30,9 milliards de FCFA encore dû à fin septembre 2025 clôturera un emprunt initial de 750 millions de dollars contracté à un taux de 9,5 %. Cette échéance symbolique intervient dans un climat économique tendu, marqué par une notation spéculative persistante et des perspectives de refinancement incertaines.
Pour mémoire, une grande partie de cette dette avait déjà été restructurée en 2021. Le gouvernement avait alors émis un nouvel Eurobond de 685 millions d’euros (environ 450 milliards de FCFA) à 5,95 %, afin de racheter 80 % de la souche initiale. Cette manœuvre, orchestrée avec l’appui de JP Morgan et Citigroup, avait été présentée comme une réussite technique, mais elle traduisait aussi une dépendance croissante du Cameroun aux marchés financiers. Paul Biya avait dû modifier la loi de finances par ordonnance pour autoriser cette opération, illustrant à quel point le refinancement de la dette internationale s’était imposé comme une priorité politique…
Niveau de risque plus élevé
Cette ultime échéance survient malgré une opération de refinancement menée avec succès en juin 2021. À l’époque, le gouvernement avait levé 685 millions d’euros (environ 450 milliards de FCFA) via un nouvel Eurobond émis à 5,95%. L’objectif était de racheter et remplacer une part majoritaire de l’emprunt initial de 750 millions de dollars, contracté à un taux bien plus élevé de 9,50%. Comme le détaillent les documents officiels de l’époque, cette opération, arrangée par des géants de la finance comme JP Morgan et Citigroup, a permis de « racheter 80 % de la souche de 2015, soit 600 millions de dollars ». Les 20% restants, représentant environ 150 millions de dollars, étaient programmés pour être remboursés progressivement, en 2023 et en 2025.
Aujourd’hui, le Cameroun évolue dans un paysage financier international qui lui est moins favorable. L’agence de notation Fitch Ratings, dans une analyse datant de fin octobre, maintient le pays dans la catégorie « B », une note qualifiée de « spéculative ». Cette appréciation, qui s’applique notamment aux trois Eurobonds encore en circulation, signifie que les investisseurs perçoivent un « niveau de risque plus élevé » et exigent donc des taux d’intérêt plus importants. Fitch indique par ailleurs que la notation est « Under Criteria Observation », c’est-à-dire en cours de réévaluation.