
Réunis à Paris le 21 octobre 2026, les partenaires pétroliers du Cameroun ont arrêté les modalités de fixation des prix officiels des bruts Kolé et Lokélé au titre du troisième trimestre. Au cœur des échanges, la Société nationale des hydrocarbures (SNH) a réaffirmé son rôle stratégique dans la défense des intérêts de l’État, en insistant sur la transparence des opérations, la maîtrise des coûts et la planification des enlèvements.
La SNH, garante des intérêts économiques de l’État
La détermination des prix officiels des bruts camerounais constitue un enjeu majeur pour la valorisation des ressources pétrolières nationales. C’est dans cette perspective que la Commission paritaire chargée d’arrêter les prix du marché international des bruts Kolé et Lokélé s’est réunie à Paris, le 21 octobre 2026, pour examiner les données relatives au troisième trimestre de l’année en cours.
La séance était présidée par Nathalie Moudiki, Conseiller N° 2 de la SNH, représentant l’Administrateur-Directeur Général. Elle a rassemblé Julien Gras, Directeur Général de PERENCO Cameroun, et Liu HUIMIN, représentant le Président-Directeur Général d’ADDAX Petroleum.
Au-delà de la fixation des prix, cette rencontre illustre la mission de la SNH dans la gestion et la valorisation des hydrocarbures camerounais. En sa qualité de mandataire de l’État dans le secteur des hydrocarbures, l’entreprise publique veille à ce que les opérations liées à la commercialisation des bruts s’inscrivent dans une logique de transparence, de rigueur et de préservation des intérêts économiques et financiers du pays.
Pour parvenir à un accord sur les prix officiels, les membres de la Commission se sont appuyés sur des données consolidées par les experts, notamment les cotations moyennes des Bruts Datés (Dated Brent), référence internationale utilisée dans l’évaluation des pétroles. Cette démarche vise à asseoir la détermination des prix sur des indicateurs de marché documentés et partagés par les différentes parties.

Transparence et maîtrise des opérations : les exigences de la SNH
Les travaux ont également porté sur la confirmation des mouvements de stocks concernés par les prix du troisième trimestre 2026, ainsi que sur l’élaboration du programme prévisionnel des enlèvements pour le quatrième trimestre.
Sur ces aspects opérationnels, la SNH entend renforcer l’anticipation et le suivi des activités des opérateurs. Nathalie Moudiki a ainsi rappelé la nécessité, pour chaque partenaire, de communiquer à l’avance son calendrier annuel d’enlèvements et de se préparer à des visites trimestrielles de la SNH sur les sites d’opérations.
Cette orientation traduit une volonté de consolider le dispositif de suivi des volumes, d’améliorer la visibilité sur les mouvements de brut et de favoriser une meilleure coordination entre les intervenants. Une planification rigoureuse des enlèvements est en effet essentielle pour limiter les décalages opérationnels et garantir une traçabilité accrue des flux pétroliers.
La présidente de séance a, par ailleurs, insisté sur l’obligation de porter tout report d’enlèvement à la connaissance de l’ensemble des parties, conformément aux procédures en vigueur. L’objectif est de prévenir les modifications insuffisamment documentées et de renforcer la circulation de l’information entre les partenaires.
La question des dépenses a également occupé une place centrale dans les échanges. Nathalie Moudiki a rappelé que toutes les dépenses doivent être portées à la connaissance de la SNH et validées par celle-ci, en sa qualité de mandataire de l’État du Cameroun en matière d’hydrocarbures. Cette exigence place le contrôle des coûts au cœur du dispositif de gouvernance des opérations pétrolières.
Pour l’État, l’enjeu est déterminant : une valorisation satisfaisante des volumes produits doit s’accompagner d’une maîtrise des charges et d’un suivi rigoureux des opérations afin de préserver les retombées économiques et financières issues de l’exploitation des ressources nationales.

Un partenariat fondé sur la confiance et la responsabilité
Malgré les exigences de contrôle rappelées lors de la réunion, les échanges ont confirmé la volonté des partenaires de poursuivre leur collaboration dans un climat de confiance, de transparence et de respect des engagements contractuels.
La SNH, PERENCO et ADDAX Petroleum ont ainsi réaffirmé leur attachement à une coopération reposant sur des données fiables, des procédures partagées et une meilleure prévisibilité des opérations. Cette coordination demeure essentielle pour assurer le bon déroulement des activités de commercialisation des bruts Kolé et Lokélé.
Elle prend une importance particulière dans un environnement pétrolier international marqué par les tensions géopolitiques et la volatilité des cours. Ces facteurs extérieurs peuvent modifier les conditions de marché et compliquer les perspectives de valorisation des hydrocarbures.
Dans ce contexte, le rôle de la SNH ne se limite pas à la participation aux négociations tarifaires. Il consiste également à veiller à la cohérence des données utilisées, à renforcer le suivi des opérations et à s’assurer que les décisions prises servent les intérêts de l’État.
Préserver la valeur des ressources pétrolières camerounaises
À travers cette réunion trimestrielle, la SNH réaffirme sa volonté de promouvoir une gestion rigoureuse des bruts camerounais et d’en optimiser la valorisation. La fixation des prix officiels, le suivi des stocks, la programmation des enlèvements et le contrôle des dépenses constituent autant de leviers complémentaires au service de cet objectif.
La démarche engagée vise à consolider la gouvernance des opérations pétrolières en responsabilisant davantage les partenaires et en renforçant les mécanismes de contrôle. Elle rappelle également que la performance économique du secteur ne dépend pas uniquement de l’évolution des cours internationaux, mais aussi de la qualité du suivi opérationnel et du respect des obligations contractuelles.
Dans un marché caractérisé par des fluctuations persistantes, la vigilance de la SNH apparaît ainsi comme un facteur essentiel de protection des intérêts économiques et financiers de l’État du Cameroun. La valorisation optimale des bruts Kolé et Lokélé demeure, à ce titre, un enjeu stratégique qui exige à la fois expertise technique, discipline opérationnelle et transparence entre les parties prenantes.