L’exécution des projets d’investissement public au Cameroun est entravée par plusieurs pesanteurs qui affectent la performance et l’efficacité des initiatives financées. Selon les données récentes, le taux d’exécution physique des projets du Budget d’Investissement Public (BIP) a chuté à 40,7 % à la fin de septembre 2023, contre 56,1 % à la même période en 2022, marquant une baisse significative de 15,3 % en glissement annuel. Cette situation alarmante est attribuée à divers facteurs structurels et opérationnels.
Un des principaux obstacles identifiés est la lenteur dans le décaissement des financements extérieurs. Le taux de décaissement a drastiquement chuté de 58,2 % à 28,9 % entre septembre 2022 et septembre 2023. Cette diminution s’explique par la prépondérance de projets à financement conjoint dont les conventions ont été signées entre 2019 et 2023. Les retards dans la mobilisation des contreparties nationales ainsi que les difficultés rencontrées par les partenaires financiers pour mobiliser les fonds sont également cités comme causes majeures.
En outre, l’inefficacité dans la gestion des ressources et le manque de coordination entre les différents acteurs impliqués dans l’exécution des projets aggravent cette situation. La Banque mondiale a exprimé ses préoccupations concernant le faible rythme d’exécution des projets qu’elle finance, notant que près de 69 % des fonds engagés n’ont pas encore été décaissés. Les retards dans les procédures administratives et les goulots d’étranglement institutionnels sont souvent mentionnés comme étant responsables de cette lenteur.
Les problèmes liés aux capacités humaines et techniques au sein des administrations publiques constituent également un frein important. Des insuffisances dans le développement des infrastructures essentielles limitent l’impact positif attendu sur l’économie camerounaise. Par exemple, seulement 54 % du portefeuille d’investissements de la Banque africaine de développement (BAD) est alloué aux infrastructures routières, alors que ces dernières ne couvrent même pas 9 % du réseau national bitumé.
Enfin, il est crucial de noter que malgré ces défis persistants, il existe une volonté manifeste parmi les autorités camerounaises et leurs partenaires internationaux pour améliorer la situation. Des efforts sont en cours pour renforcer la coordination entre les différents acteurs et optimiser l’utilisation des ressources disponibles afin d’accélérer l’exécution des projets.