Nécrologie : le tennis camerounais pleure Joseph Oyebog

Joseph Oyebog, figure emblématique du tennis camerounais et fondateur de l’Oyebog Tennis Academy, est décédé des suites de maladie ce 28 mai 2025 à la clinique Muna de Douala. Où, il était hospitalisé depuis un mois. La nouvelle de sa disparition brutale a plongé les sportifs et ses nombreux admirateurs dans une profonde tristesse.

Le monde du sport camerounais est en deuil. Il vient de perdre l’un de ses plus dignes représentants : Joseph Oyebog. Acteur incontournable de la promotion du tennis au Cameroun, iil a marqué les esprits par son engagement inlassable pour le développement de ce sport. Son œuvre la plus marquante restera sans doute la création de l’Oyebog Tennis Academy, une infrastructure moderne et novatrice érigée près de Souza, dans le département du Moungo. Véritable centre d’excellence, cette académie a formé de jeunes talents venus de tout le pays, leur offrant non seulement une formation sportive de haut niveau, mais aussi un cadre éducatif structurant.

Visionnaire, passionné et profondément attaché à la jeunesse, Joseph Oyebog a su faire du tennis un outil de transformation sociale, croyant fermement au pouvoir du sport pour changer des vies. Son départ laisse un vide immense, mais aussi un héritage précieux que ses proches, partenaires et élèves s’efforceront sans doute de perpétuer.

 « Le défunt a été un acteur majeur de la promotion du tennis au Cameroun, notamment grâce à la construction d’une infrastructure moderne et innovante près de Souza dans le Moungo. Que son âme repose en paix », témoigne le journaliste Nana Paul Sabin. Le rêve de Joseph Oyebog a pris forme dans une arrière-cour, celle que lui ont laissée ses parents à Bonabéri, un quartier populaire de Douala, au Cameroun.  Là-bas, il a dessiné quelques lignes blanches, installé un filet, et les joueurs sont venus. Tout simplement. C’était en  1999 et l’Oyebog Tennis Academy (OTA) inaugurait ce qui sera plus tard surnommé « The Wall », « Le Mur », un terrain de fortune où enfants et adolescents de tous âges continuent encore aujourd’hui de s’initier à la balle jaune, informe wearetennis.

Souza

Si Joseph distribue le jeu à l’occasion raquette en main, il ne peut plus quotidiennement arpenter le terrain familial. La faute au succès de son initiative : en un peu plus de deux décennies, son académie aura ouvert 25  centres dans tout le Cameroun, introduisant plus de 20 000 enfants au tennis et permettant aux plus doués d’entre eux de représenter leur pays. «  Aujourd’hui, presque tous les meilleurs joueurs du Cameroun au niveau junior sont passés par l’OTA », se réjouissait Joseph au micro de CNN en 2022. Cet ex-champion universitaire aura lui-même représenté le Cameroun en Coupe Davis à plusieurs reprises dans sa jeunesse.

« C’était tellement amusant de parcourir le monde et de jouer au tennis que j’ai voulu partager ça avec les moins fortunés. » En 2013, les donations privées dont bénéficiait l’OTA lui ont aussi permis d’acheter un terrain de six hectares près de la ville de Souza, à environ 40 kilomètres de Douala. Des installations de pointe y ont été construites, qui comprennent six courts en terre battue, huit en dur, des dortoirs pour les enfants et le personnel, et même un complexe sanitaire.

A en croire Camerounactuel, aujourd’hui, 40  enfants vivent, s’entraînent et sont scolarisés sur le campus de Souza. En plus des résidents à temps plein, une centaine d’autres enfants du programme OTA viennent régulièrement sur le site pour s’entraîner. Une immense satisfaction pour Joseph, qui ambitionne de faire de Souza un campus éducatif et tennistique qui accueillerait 250 pensionnaires à temps plein : «  Évidemment, la probabilité de percer dans le tennis professionnel est très faible, concédait-il à CNN. Mais ça leur crée tellement d’opportunités pour devenir coaches, arbitres, directeurs de tournois ! Bien sûr, ils doivent pouvoir aussi étudier ici. Notre but est d’aider chaque gamin du programme à avoir une vie décente. Et il y a aussi la simple joie du jeu : finalement, nous sommes juste reconnaissants qu’une simple petite balle jaune crépue puisse leur apporter autant de bonheur », conclut Wearetennis.

En ces moments douloureux, le monde du tennis camerounais pleure la perte d’un bâtisseur, d’un mentor et d’un homme de conviction. La rédaction de Cameroun infos adresse ses sincères condoléances à sa famille ainsi  qu’à tous ses proches.

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