
Face aux défis croissants de circulation, d’urbanisation et de transport dans la capitale économique du Cameroun, le Projet de Mobilité Urbaine de Douala (PMUD) se positionne comme l’une des plus importantes initiatives de transformation urbaine de ces dernières années. Financé par l’État du Cameroun avec l’appui de la Banque mondiale, ce programme ambitionne de repenser durablement les déplacements urbains grâce à la mise en place d’un système de transport collectif performant, à l’amélioration des infrastructures et à une meilleure intégration du secteur du transport informel.
Un projet structurant pour la métropole économique
Le Projet de Mobilité Urbaine de Douala s’inscrit dans la continuité des recommandations formulées dans le Plan de Mobilité Urbaine Soutenable élaboré en 2018. Son objectif principal est d’améliorer les conditions de déplacement des populations tout en favorisant un développement urbain et économique inclusif le long des futurs corridors de Bus Rapid Transit (BRT) et de leurs voies de desserte.
À travers cette approche intégrée, le projet entend répondre aux difficultés de mobilité qui affectent quotidiennement des milliers d’usagers, tout en accompagnant la croissance rapide de la ville.
Renforcer les institutions et professionnaliser le transport public
La première composante du PMUD est consacrée au renforcement institutionnel et à la professionnalisation des acteurs du transport public. Elle vise notamment l’amélioration du cadre réglementaire, la restructuration du réseau de transport urbain et le renforcement des capacités de la Société Camerounaise des Transports Urbains à Douala.
Dans ce cadre, la Communauté Urbaine de Douala bénéficie de l’accompagnement technique de la Coopération pour le Développement et l’Amélioration des Transports Urbains et Périurbains (CODATU). Cette collaboration permet d’assurer le suivi et la mise en œuvre des différentes activités prévues.
Une attention particulière est accordée aux opérateurs du transport informel. Des actions d’urbanisme tactique sont prévues afin d’améliorer leurs conditions de travail et leur intégration dans le futur système de mobilité. Parmi les réalisations envisagées figurent la création de zones de stationnement et de chargement-déchargement adaptées, l’élaboration de plans de gestion de la circulation et du stationnement, ainsi que la mise en place d’infrastructures dédiées à la maintenance des véhicules et à la formation des conducteurs. Ces aménagements tiendront également compte des questions de sécurité et de confort, notamment pour les femmes.
Le BRT, pierre angulaire de la transformation des transports
La deuxième composante du projet constitue le cœur des investissements prévus. Elle porte sur la réalisation d’un réseau de Bus Rapid Transit (BRT) de 27 kilomètres comprenant 48 stations et cinq pôles d’échanges multimodaux.
Les principaux axes concernés relieront le Carrefour Leclerc à PK14 ainsi que le Carrefour Ndokoti au Carrefour Yassa. À travers ce système de transport de masse, les autorités espèrent offrir une alternative rapide, fiable et sécurisée aux déplacements urbains, tout en réduisant les embouteillages qui paralysent régulièrement la ville.
Cette composante prévoit également l’acquisition de systèmes intelligents de transport, la mise en œuvre des mesures environnementales et sociales associées au projet ainsi que l’implication du secteur privé dans le financement et l’exploitation de la flotte de véhicules BRT.
Développer la ville autour des infrastructures de transport
Au-delà de la seule question du transport, le PMUD intègre une vision globale de l’aménagement urbain. Sa troisième composante est dédiée au développement orienté vers le transit, une approche qui consiste à organiser la croissance urbaine autour des infrastructures de mobilité.
Concrètement, cette phase prévoit la réhabilitation et la restructuration des voies de rabattement connectées au corridor BRT. Des travaux d’aménagement urbain seront également réalisés afin d’assurer une meilleure intégration des infrastructures de transport dans leur environnement immédiat. Il s’agira notamment de créer des voies de desserte, des espaces piétons, des équipements de proximité et du mobilier urbain favorisant une ville plus accessible et plus agréable à vivre.
Assurer une gestion efficace du projet
La quatrième composante concerne la coordination générale du programme ainsi que le renforcement des capacités des institutions impliquées. Elle vise à garantir une gestion rigoureuse des ressources mobilisées et une mise en œuvre efficace des différentes activités prévues.
Enfin, le PMUD comprend une composante de réponse d’urgence contingente (CERC). Ce mécanisme permettra au gouvernement, en cas de catastrophe ou de crise reconnue comme éligible, de solliciter la réaffectation rapide de ressources financières du projet afin de soutenir les opérations d’urgence ou la reconstruction d’infrastructures endommagées.
Pour encadrer ce dispositif, un manuel opérationnel spécifique devra être élaboré et validé par la Banque mondiale avant tout décaissement des fonds dédiés à cette composante.
Une nouvelle vision de la mobilité urbaine
À travers ses cinq composantes, le Projet de Mobilité Urbaine de Douala dépasse le simple cadre d’un programme de transport. Il ambitionne de transformer durablement la manière dont les habitants se déplacent, tout en favorisant un développement urbain plus harmonieux, inclusif et résilient. Pour la métropole économique camerounaise, le PMUD représente ainsi un levier majeur de modernisation et d’amélioration de la qualité de vie des populations.