
Le Cameroun et la Guinée équatoriale ont dévoilé les contours du développement du champ gazier transfrontalier Yoyo-Yolanda, estimé à 2 500 milliards de pieds cubes. Le schéma retenu prévoit deux pipelines d’exportation et un traitement séparé à Bipaga et Punta Europa. Ce projet gazier Yoyo/Yolanda est suspendu à la délimitation de la frontière maritime entre les deux pays.
Le vice-président de Guinée équatoriale était ce 20 novembre en visite à la SNH à Yaoundé pour discuter de projets énergétiques stratégiques. Le gisement gazier Yoyo/Yolanda, pour lequel le Cameroun et la Guinée équatoriale mènent des négociations depuis près d’une décennie – a connu des avancées ces dernières années mais des obstacles demeurent, a appris Energies Media le 19 novembre à Yaoundé au siège de la Société nationale des hydrocarbures du Cameroun, au cours de l’audience accordée par l’administrateur-directeur général de la SNH au vice-président de la République de Guinée équatoriale Teodoro Nguema Obiang Mangue et sa délégation.
Parmi les défis : la délimitation de la frontière maritime entre le Cameroun et la Guinée équatoriale. Les découvertes de gaz yoyo et Yolanda se situent à la frontière maritime entre les deux pays. Yoyo est un bloc offshore, s’étendant sur plus de 679 km2 dans le bassin de Douala/Kribi-Campo au Cameroun. Il est contiguë au champ Yolanda, qui appartient au bloc I, en Guinée équatoriale. Les deux partagent une même structure géologique et abritent des réserves de gaz naturel et de condensats de gaz évaluées à 2 500 milliards de pieds cubes de gaz (2,5 TCF de gaz). Selon la clé de répartition initiale, le Cameroun devrait avoir 84% des ressources tirées de l’exploitation en commun du champ transfrontalier et la Guinée équatoriale 16%.
L’autre point d’ancrage de la visite de Teodoro Nguema Obiang Mangue au Cameroun a été la réception au Palais de l’Unité par le président Paul Biya. De sources bien introduites, le vice-président équato-guinéen dont le pays est très souvent refoulé les ressortissants camerounais, est venu présenter ses excuses à Yaoundé: Dans la foulée, il invite les investisseurs camerounais à Malabo. A propos des tracasseries des Camerounais en Guinée équatoriale : Theodore Nguema Obiang Mangue veut tourner la page.

Le dernier sujet de discorde entre le Cameroun et son voisin la Guinée équatoriale est la brouille entre certains opérateurs économiques camerounais et l’État équato-guinéen. Cette situation avait entraîné la saisie de navires et la fermeture de l’entreprise Tradex de la Guinée équatoriale.
Ces tensions viennent s’ajouter aux difficultés dans la libre circulation des personnes et des biens. Les ressortissants camerounais ont formulé des griefs contre les services de sécurité de la Guinée équatoriale. Ces situations ont souvent créé des occasions de crises entre les deux pays, mais heureusement, des solutions provisoires ont été trouvées, évitant une grosse crise diplomatique.
Ces questions et d’autres liées à la coopération entre les deux États ont été au centre des échanges entre Paul Biya et Theodore Nguema Obiang Mangue, vice-président de la Guinée équatoriale, ce mercredi 19 novembre 2025 au palais de l’unité à Yaoundé.
Pour le vice-président de la Guinée équatoriale, tous ces conflits sont désormais du passé. Il a déclaré : « C’est le passé, ces situations malheureuses ne devraient pas survenir entre nos deux pays amis. C’est arrivé, on oublie. Je suis venu au Cameroun pour renforcer notre relation de coopération. J’invite les hommes d’affaires camerounais à venir investir en Guinée équatoriale, c’est un pays frère. »
Il a tenu ces propos face à la presse à la fin de l’audience avec le chef de l’État camerounais Paul Biya. L’audience a eu lieu ce mercredi 19 novembre 2025 en début d’après-midi.
