
Au 16 février 2026, les enquêtes internationales et les témoignages récents révèlent que le Cameroun est l’un des pays les plus ciblés par les réseaux de recrutement russes pour la guerre en Ukraine. Le processus de recrutement s’appuie sur une combinaison de promesses financières, de ruses administratives et d’exploitation de la précarité. Des publicités ciblées sur des plate-forme de gaming et des réseaux sociaux attirent les jeunes Camerounais avec des offres d’emploi fictives.
Dans son enquête titrée “Le business du désespoir”, le collectif d’investigation All Eyes On Wagner a décortiqué les réseaux de recrutement de combattants africains envoyés sur le front ukrainien pour combattre aux côtés de l’armée russe. Un rapport qui donne à voir une mécanique bien rodée et implacable. Profitant de la pauvreté rampante, le Cameroun est un des principaux pays d’origine des combattants africains présents dans les rangs de l’armée russe en Ukraine, selon cette enquête.
Sur la liste de 1 417 contractuels africains en sa possession, 335 sont Camerounais, c’est le deuxième pays de départ derrière l’Égypte et devant le Ghana, mais le premier en nombre de morts avec 94 décès recensés, soit 28%. On ne connait pas le nombre de blessés et de prisonniers.
A en croire RFI, sur les photos de cette annonce circulant sur les réseaux sociaux, les hommes sont blancs et souriants : une entreprise russe dont le nom n’est pas spécifié dit chercher des charpentiers camerounais. Elle promet un logement gratuit, une assurance santé, deux repas par jour : Salaire de départ : 1 200 dollars. Le numéro de contact est en Russie.
Les militaires aussi
Selon plusieurs interlocuteurs, le Cameroun est un pays cible en raison de sa situation politique, économique et sociale. Plusieurs témoignages, notamment sur RFI, ont déjà établi comment de jeunes urbains succombent aux promesses, faute de perspectives d’avenir dans leur pays. Comme Joël, un géomètre de Douala, père d’un bébé de deux mois, qui comptait subvenir aux besoins de ses parents malades et payer les études de son petit frère et qui a disparu quelques semaines après son arrivée en Russie.
Le Cameroun compte de multiples agences proposant des visas en moins d’un mois. Des influenceurs et des hommes d’affaires font aussi la promotion de programmes comme Alabuga Start, qui vise à recruter des jeunes femmes pour une usine de construction de drones.