Cameroun : Zouhaira, l’enseignante tuée lors des manifestations à Garoua a été enterrée

Zouhaira, l’enseignante tuée lors de manifestations à Garoua, a bien été enterrée, mais les circonstances de sa mort restent floues, son père décrivant un assaillant en civil et non un manifestant. L’assassinat aurait eu lieu dans son quartier, à l’écart des zones de protestation. 

Zouhaira, la première victime de la contestation électorale, a été enterrée ce matin 22 octobre dans la pure tradition musulmane. Son père a affirmé à la télévision Equinoxe que sa fille a été tuée dans son quartier et non sur les lieux des manifestations. Le père a décrit l’assaillant comme un homme en civil portant un gilet pare-balles, armé d’une kalachnikov et d’un revolver. Curieux! Un “civil” ne saurait avoir tout cet arsenal.

Une chose est certaine, l’incident s’est produit dans le quartier de Poumpoumré, dans la ville de Garoua, théâtre de manifestations post-électorales menées par les partisans du candidat de l’opposition Issa Tchiroma Bakary, qui revendique la victoire au scrutin du 12 octobre.

La victime, une enseignante de l’école primaire arabe du quartier, a été mortellement touchée alors qu’elle rentrait du travail, selon plusieurs sources d’information.

Les manifestants sont descendus dans les rues de Garoua pour exiger « le respect des résultats des urnes qui donnent la victoire à Tchiroma ».

Garoua est le fief de Tchiroma. Des manifestations similaires ont également été signalées dans la capitale, Yaoundé, au quartier musulman de l’Ecole de Police.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des manifestants brandissant des pancartes accusant les responsables électoraux d’avoir « manipulé le décompte des voix » en faveur du président sortant, Paul Biya.

Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a déclaré mardi dans un communiqué que vingt personnes avaient été arrêtées et qu’elles seraient poursuivies pour « insurrection » et « incitation à la rébellion ». Il a appelé les citoyens à rester « calmes » et à « faire confiance » aux institutions chargées du processus électoral, alors que le pays attend les résultats officiels de la présidentielle.

Le Conseil constitutionnel du Cameroun devrait annoncer les résultats définitifs jeudi. Le ministre a averti que le gouvernement ne tolérerait aucune tentative « d’insurrection ou de trouble à l’ordre public ».

Plus tôt, l’organe électoral national avait indiqué avoir terminé le dépouillement des bulletins de vote et que les résultats provisoires étaient prêts à être transmis au Conseil constitutionnel. Des résultats non officiels publiés par les réseaux sociaux donnent Paul Biya en tête avec plus de 53 % des suffrages.

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