Cameroun-Université de Bertoua : quand le savoir devient une industrie de terroir

L’Université de Bertoua ne se contente plus de délivrer des diplômes ; elle façonne désormais les artisans d’une révolution économique régionale. 

Sous l’impulsion de son recteur, Dieudonné Emmanuel Pegnyemb, l’institution opère une mutation profonde en arrimant ses programmes aux richesses naturelles de son sol : mines, forêt et agriculture. Avec l’ouverture stratégique de l’Isabee à Yokadouma et un maillage s’étendant désormais sur neuf campus, l’université brise l’isolement académique pour devenir un véritable pôle de compétitivité qui transforme chaque étudiant en un potentiel créateur de richesses, bien loin des sentiers battus de l’enseignement théorique.

L’originalité de ce modèle repose sur une immersion industrielle immédiate, où les facultés mutent en unités de production. Des laboratoires de la Faculté des sciences où naissent détergents et boissons, aux recherches de pointe de l’École des mines sur la valorisation des rejets miniers, l’université prouve que la science peut avoir un impact direct sur le quotidien des populations. Cette stratégie d’incubation trouve son apogée dans le secteur agropastoral grâce au programme Peped, qui gère un domaine foncier colossal de 2 400 hectares. Ici, la terre de l’Est devient un laboratoire à ciel ouvert où le maïs et le plantain ne sont plus de simples cultures de subsistance, mais les vecteurs d’un apprentissage entrepreneurial de haut niveau.

Avec une communauté de 18 500 étudiants pour cette année 2025-2026, l’institution affirme son poids démographique tout en affinant sa pertinence territoriale. En déployant ses antennes de Belabo à Batouri, l’université de Bertoua ne se contente pas de suivre le marché de l’emploi ; elle le devance en formant des techniciens et des gestionnaires capables de dompter les spécificités locales. Le pari est audacieux : faire du diplôme une véritable clé de voûte de l’autonomisation économique. Pour l’Est du Cameroun, cette université n’est plus seulement un lieu de savoir, c’est le moteur d’une nouvelle ère où la valorisation des ressources passe impérativement par l’intelligence collective et l’audace d’entreprendre.

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