
Cet expert en mines et pétrole fait quelques propositions qui auraient pu permettre au Cameroun de mieux appréhender la gestion de la Société nationale des mines (Sonamines).
Nous venons de suivre que l’état Camerounais a récemment pris une décision forte en retirant à plusieurs multinationales des permis d’exploitation de trois gisements miniers stratégiques pour les transférer à la Société nationale des mines (Sonamines). Il s’agit du gisement de Nkamouna-Lomié (cobalt, nickel chrome), du gisement de rutile d’Akonolinga et du gisement de diamant de Mobilong. A première vue cette décision panafricaniste est à saluer et en étroite ligne avec nouvelle vision minière africaine sauf que :
Finalement, la Sonamines s’embourbe. Ils veulent tout et sont capables de rien.
1- ils ont l’exclusivité de la collecte et commercialisation de l ‘Or au Cameroun
2- Ils ont l’exclusivité du raffinage de l’or au Cameroun
3- C’est la Sonamines qui délivre les agréments
4- C’est la Sonamines qui négocie tous les contrats et conventions minières au Cameroun
5- Voilà comme ça ne suffisait pas on leur donne 3 projets compliqués (rutile, nickel chrome, diamant) que même les majors n’ont pas pu développer.
La Sonamines a décidé d’être une société écran, de blanchiment, car c’est clair qu’ils n’ont pas de capacité financière et technique pour développer ces projets. Ils devront dans ce cas aller trouver des partenaires (financiers, et techniques); ce qui signifie faire de la spéculation.
Mais pour y arriver ils doivent comprendre tous ces projets, refaire certains travaux. Sans argent ou financement ça sera mission impossible.
Ils seront donc obligés d’aller brader et c’est ce qui va se passer; c’est en principe ce que recherche l’état Camerounais. Le Gouvernement passe par la Sonamines pour mieux brader ces trois projets, c’est un scénario classique de bradage pour être en conformité avec les normes ITIE.
La Sonamines dans son double rôle de régulateur- operateur aura un sérieux problème pour lever les fonds, trouver des partenaires techniques sérieux. Ils vont être obligés de se tourner vers les pilleurs maison tels que les chinois, indiens ou libanais.
Bien avant, et conformément au code minier le MINMIDT (l’Etat Camerounais) devra délivrer des titres miniers à la Sonamines sur chaque de ces projets pour atteindre leur objectif.
Nous attendons tous ce moment-là afin que le monde entier voie les limites du code minier de 2023 qui doit être changé de toute urgence.
L’état camerounais doit redéfinir les missions de la Sonamines car elles sont incompatibles aux normes et standards internationaux.
Dr Bareja Youmssi
Expert en mines et pétrole
Enseignant-chercheur