
Le Comité National Olympique et Sportif du Cameroun a vibré, dimanche 15 février dernier, au rythme d’une urgence sociale de plus en plus prégnante : les addictions.
Sous l’impulsion de l’ONG 1 Billion Rising, une plateforme pédagogique a réuni experts et public autour d’une thématique porteuse d’espoir : « Chemin de la guérison : santé mentale et addictions. » Loin des clichés stigmatisants, les panélistes ont d’emblée redéfini le mal. Qu’elle soit comportementale ou liée à une substance, l’addiction est avant tout une « habitude mise en place au fil du temps ». Pour la psychologue clinicienne et psychothérapeute Nathalie Assen, le piège se referme souvent sur une vulnérabilité psychique préalable.
Mais l’innovation de ce débat résidait dans l’élargissement du concept. Au-delà des substances, les experts ont mis en lumière les addictions émotionnelles. Dépression chronique, culpabilité maladive, complexes divers ou excès de scrupules ont été identifiés comme de véritables dépendances affectives dont il est tout aussi difficile de se défaire sans aide professionnelle.
Sur le front des stupéfiants, le tableau reste préoccupant. Le Dr Marileine Kemme, médecin addictologue, a dressé un inventaire des produits les plus dévastateurs recensés actuellement. Si le cannabis et la cocaïne demeurent des enjeux majeurs de santé publique, une menace plus insidieuse gagne du terrain : le détournement des produits médicamenteux. Le Tramadol, en tête de liste, continue de faire des ravages chez les jeunes, transformant des remèdes thérapeutiques en véritables poisons sociaux.
Comment s’en sortir ? Pour le panel, qui comptait également Mpepouore Mouhamadou, Principal du collège franco-arabe Fondation Nabo, la réponse est sans équivoque : la précocité et l’entourage.
« Pour s’en sortir, il faut consulter au plus tôt », ont martelé les experts.
La prise en charge médicale et psychologique ne peut toutefois être totalement efficace si elle est isolée. L’implication des parents et de la cellule familiale est apparue comme le pilier central de la réhabilitation. Le dialogue, débarrassé du jugement, reste l’arme la plus puissante pour accompagner les victimes sur le chemin sinueux, mais possible, de la guérison.
Une rencontre nécessaire qui rappelle que si l’addiction est une prison, la clé se trouve dans la parole libérée et l’accompagnement spécialisé.