Cameroun-Royaume-Uni : pourquoi une mission économique prévue à Londres du 30 novembre au 4 décembre 2026

Le Cameroun prépare une offensive économique sur le marché britannique. Une délégation camerounaise séjournera à Londres du 30 novembre au 4 décembre 2026 dans le cadre d’une mission commerciale et d’investissement destinée à mobiliser des financements, attirer des investisseurs et nouer des partenariats technologiques et industriels. Cette initiative intervient dans un contexte de recul des échanges commerciaux entre les deux pays, qui se sont établis à environ 185 milliards de FCFA sur les douze mois achevés en mars 2026.

Le Cameroun et le Royaume-Uni passent à une nouvelle étape dans la préparation de leur coopération économique. Les deux pays ont officiellement retenu la période du 30 novembre au 4 décembre 2026 pour l’organisation d’une mission commerciale et d’investissement dans la capitale britannique. Le calendrier a été confirmé le 2 novembre à Yaoundé, au cours d’une rencontre entre le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, et le haut-commissaire britannique au Cameroun, Matthew David Woods.

Cette rencontre a notamment permis d’examiner l’état d’avancement des préparatifs et de préciser les grandes lignes du programme de cette opération de prospection économique. L’objectif est de mettre en relation les acteurs économiques camerounais avec des partenaires britanniques susceptibles de les accompagner dans le financement de leurs projets, le transfert de technologies, l’apport d’expertise technique et le développement de collaborations commerciales et industrielles.

La délégation camerounaise annoncée sera composée de représentants des administrations publiques, des entreprises publiques et privées, des organisations patronales, des groupements d’intérêt économique ainsi que des associations professionnelles. Cette diversité de participants traduit la volonté de mobiliser plusieurs composantes du tissu économique national autour de la recherche de nouvelles opportunités d’affaires.

Plusieurs secteurs sont identifiés comme prioritaires pour cette coopération. Il s’agit notamment de l’énergie, des infrastructures, de l’agriculture, de l’agro-industrie, des biens de consommation et de l’industrie manufacturière. Ces domaines présentent des perspectives de collaboration, particulièrement en matière de financement des projets, de modernisation des équipements et de transformation locale des ressources.

Une mission dans un contexte de ralentissement des échanges commerciaux

La démarche intervient alors que les relations commerciales entre Yaoundé et Londres connaissent une évolution défavorable. D’après les données publiées par le gouvernement britannique le 31 juillet 2026, la valeur des échanges bilatéraux a diminué de 32 % sur les douze mois arrêtés à mars 2026, pour s’établir à 242 millions de livres sterling, soit environ 185 milliards de FCFA.

Cette contraction concerne aussi bien les exportations camerounaises vers le Royaume-Uni que les ventes britanniques à destination du Cameroun. Les importations britanniques en provenance du Cameroun ont enregistré un recul de 36 %, à 155 millions de livres sterling. Dans le sens inverse, les exportations du Royaume-Uni vers le marché camerounais ont diminué de 23,7 %, pour atteindre 87 millions de livres sterling.

L’analyse par catégorie d’échanges révèle une baisse particulièrement prononcée du commerce des marchandises, en recul de 48,9 %, à 116 millions de livres sterling. Les échanges de services ont, pour leur part, affiché une diminution plus limitée de 2,3 %, pour une valeur de 126 millions de livres sterling.

La faiblesse de la demande britannique pour certaines matières premières camerounaises explique en partie cette tendance. Les achats de pétrole brut en provenance du Cameroun ont notamment chuté de 67,4 %, à 37,2 millions de livres sterling. Les importations de bois et de liège ont également baissé de 18,1 %, pour s’établir à 20,9 millions de livres sterling.

Toutefois, certains produits affichent une évolution positive. C’est notamment le cas des fruits et légumes camerounais, dont les exportations vers le Royaume-Uni ont progressé de 37 %, pour atteindre 22,8 millions de livres sterling. Cette performance laisse entrevoir des possibilités de diversification des exportations nationales, au-delà des matières premières traditionnellement commercialisées.

Les investissements britanniques affichent une progression

Malgré le ralentissement des échanges commerciaux, les investissements directs britanniques au Cameroun suivent une trajectoire différente. À la fin de l’année 2024, le stock des investissements directs étrangers du Royaume-Uni dans le pays était évalué à 98 millions de livres sterling, soit approximativement 75 milliards de FCFA. Ce montant représente une progression de 10,1 % par rapport à l’année précédente.

Cette évolution témoigne du maintien d’une présence économique britannique au Cameroun, même si elle ne constitue pas une annonce de nouveaux financements dans le cadre de la mission prévue à Londres. À ce stade, aucune enveloppe d’investissement ni aucun engagement financier précis n’a été dévoilé à l’issue des discussions du 2 novembre.

Les relations économiques entre les deux pays s’appuient par ailleurs sur un accord de partenariat économique signé en mars 2021 et entré en vigueur le 9 juillet de la même année. Ce dispositif prévoit un accès en franchise de droits de douane et sans contingentement au marché britannique pour les exportations camerounaises qui remplissent les conditions d’éligibilité. En contrepartie, le Cameroun procède à une réduction progressive des droits de douane sur certaines marchandises importées du Royaume-Uni.

Un enjeu de diversification et de transformation locale

Pour les autorités camerounaises, la mission de Londres représente une occasion de redynamiser les relations économiques avec le Royaume-Uni et de donner une nouvelle impulsion aux échanges bilatéraux. Au-delà de la recherche de capitaux, l’ambition est également de favoriser l’accès des entreprises nationales aux technologies, aux compétences et aux réseaux commerciaux britanniques.

L’un des enjeux sera notamment de transformer les opportunités de coopération en projets concrets, capables de soutenir la production nationale, de renforcer les capacités industrielles et de développer les activités de transformation locale.

Dans cette perspective, les cinq jours de rencontres et d’échanges prévus dans la capitale britannique seront suivis avec attention par les opérateurs économiques camerounais. Leur portée dépendra notamment de la capacité des deux parties à convertir les intentions de partenariat en accords commerciaux, en investissements productifs et en collaborations durables.

Alors que les échanges bilatéraux enregistrent un repli, Yaoundé entend ainsi faire de cette mission un instrument de relance de la coopération économique et d’élargissement des débouchés pour les entreprises camerounaises.

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