Le Cameroun réforme la formation doctorale avec la création d’une Commission nationale dédiée


Le gouvernement camerounais franchit une nouvelle étape dans l’organisation de l’enseignement supérieur en mettant sur pied une Commission nationale de la formation doctorale. Cette instance aura pour mission d’uniformiser les procédures de recrutement et d’encadrement des doctorants dans les universités publiques, tout en orientant la recherche vers les priorités nationales de développement.

Le système de formation doctorale au Cameroun s’apprête à connaître une profonde réorganisation. Le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, a annoncé la création d’une Commission nationale de la formation doctorale, un nouvel organe chargé de renforcer la gouvernance du troisième cycle universitaire et d’assurer une meilleure coordination entre les établissements publics d’enseignement supérieur.

Cette décision s’inscrit dans le prolongement des orientations données par le président de la République en matière de recrutement des étudiants en doctorat. Elle intervient quelques mois après l’admission de 600 nouveaux doctorants dans les universités d’État, un recrutement effectué le 24 mars 2026 dans le cadre de la politique nationale de renforcement des compétences scientifiques.

Instituée par décret du Premier ministre, Chef du Gouvernement, cette commission aura pour principale responsabilité de définir un cadre commun pour l’ensemble des universités publiques. L’objectif est de mettre fin aux disparités observées dans les procédures de sélection et de garantir davantage de transparence, d’équité et de cohérence dans l’accès aux études doctorales.

Parmi ses principales attributions figure l’élaboration d’un calendrier national des recrutements en doctorat, afin que toutes les universités appliquent un même chronogramme. La commission sera également chargée d’identifier les axes prioritaires de recherche en tenant compte des besoins économiques, sociaux, technologiques et environnementaux du pays, conformément aux orientations de la Stratégie nationale de développement 2020-2030.

L’instance devra aussi fixer chaque année le nombre de places ouvertes en doctorat au niveau national. Ces quotas seront ensuite répartis entre les différentes universités publiques en fonction de leurs capacités d’accueil, de leurs infrastructures et des ressources humaines disponibles. Cette approche vise à assurer une meilleure adéquation entre le nombre de doctorants recrutés et les possibilités réelles d’encadrement scientifique.

Autre innovation majeure : la création d’un fichier national recensant les enseignants habilités à diriger des travaux de recherche. Cet outil permettra de suivre les capacités d’encadrement dans les universités, d’éviter les surcharges pour certains directeurs de thèse et de garantir un accompagnement académique de qualité aux doctorants.

À travers cette réforme, le ministère de l’Enseignement supérieur entend moderniser l’organisation de la formation doctorale et améliorer la qualité de la recherche scientifique au Cameroun. Les autorités souhaitent ainsi faire du doctorat un véritable levier de production de connaissances, d’innovation et d’expertise, au service du développement du pays.

La création de cette Commission nationale marque ainsi une nouvelle étape dans la structuration du système universitaire camerounais. En harmonisant les règles de recrutement, en renforçant le suivi de l’encadrement scientifique et en orientant les travaux de recherche vers les besoins stratégiques du pays, le gouvernement ambitionne de bâtir une formation doctorale plus performante, plus transparente et davantage connectée aux défis du développement national.

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