Cameroun : des opposants à Paul Biya exigent la libération d’Aboubakar Ousmane Mey

Plusieurs formations politiques camerounaises ont publié des communiqués dénonçant l’interpellation de l’acteur politique à Garoua. Des leaders politiques de l’opposition montent au créneau après l’interpellation d’Aboubakar Ousmane Mey, membre de l’équipe de campagne de Bello Bouba Maïgari, survenue le 6 octobre à Garoua. Selon un communiqué signé du préfet de la Bénoué, il est soupçonné d’appel à la violence et à la déstabilisation de la ville.

Au Cameroun, on attend généralement des personnes qui ont prospéré dans l’ombre du pouvoir qu’elles se taisent, surtout sur les sujets qui fâchent. Est-ce parce qu’il n’occupe aucune fonction officielle qu’Aboubakar Ousmane Mey se permet de formuler des avis tranchés ? Des prises positions qui dérange le système régnant au Cameroun. Aujourd’hui, le présumé suspect serait accusé de : « tenue d’une manifestation illégale » et « incitation à la révolte ».

Face à cette arrestation “arbitraire”, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a haussé le ton. Dans un communiqué parvenu à la rédaction de Camerouninfos, le parti dirigé par Mamadou Mota, président national par intérim de ce parti, dénonce avec vigueur ce qu’il qualifie d’« arrestation illégale et arbitraire » de M. Aboubakar Ousmane Mey, survenue à son domicile à Garoua dans la soirée du 6 octobre 2025.

A en croire Mamadou Mota, : “ cette arrestation est une violation manifeste des lois et procédures en vigueur dans notre pays “. Le leader du MRC estime que M. Mey n’a commis aucun acte susceptible de menacer la paix ou le processus électoral. « Son engagement se limite strictement au cadre légal de la compétition démocratique », affirme-t-il. Pour le MRC, cet événement démontre une volonté claire de perturber le processus électoral et de compromettre l’équité du scrutin à venir.
Ce parti exige la libération immédiate et inconditionnelle d’Aboubakar Ousmane Mey, ainsi que des explications transparentes des autorités sur les véritables motifs de cette arrestation. Il appelle en outre la communauté nationale et internationale – notamment les organisations de défense des droits de l’Homme et les observateurs électoraux – à s’emparer du dossier afin de garantir le respect des droits fondamentaux et la tenue d’élections libres.

Considérant cet acte comme une tentative d’intimidation politique, Mamadou Mota dénonce « l’utilisation abusive de l’appareil administratif et sécuritaire » et y voit « un signal inquiétant sur l’impartialité et la sérénité du scrutin à venir ». Il exige la libération immédiate et inconditionnelle du mis en cause, des explications transparentes sur les motifs réels de cette interpellation, ainsi que le respect strict des lois garantissant une campagne électorale équitable pour tous les candidats.

Dans la même veine, Issa Tchiroma Bakary, candidat du Front pour le Salut national du Cameroun (FSNC), dénonce « des actes d’intimidation, d’arrestations arbitraires et de menaces répétées contraires à l’esprit démocratique ». Il demande « la libération immédiate de M. Aboubakar Ousmane Mey » et appelle le régime en place à « faire preuve de responsabilité, de retenue et de respect des droits fondamentaux de chaque citoyen ». Car, selon lui, « rien ni personne ne pourra empêcher le vent du changement qui souffle déjà sur notre nation ».

Pour sa part, Bello Bouba Maïgari, président-candidat de l’Union nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP), dont Aboubakar Ousmane Mey est un proche collaborateur, appelle à l’apaisement : « L’UNDP reste déterminée à poursuivre son combat pour une démocratie apaisée, inclusive et respectueuse des droits fondamentaux », déclare-t-il.

Cet épisode s’inscrit dans une séquence politique marquée par de vives critiques de l’opposition et de la société civile, qui pointent des atteintes répétées aux libertés publiques. Alors que le Cameroun se prépare à voter, les observateurs craignent que ces arrestations jettent une ombre sur la crédibilité du scrutin.

Reste à savoir si ces appels lancés par une partie de l’opposition camerounaise trouveront un écho favorable auprès des autorités politiques chargées de garantir un processus électoral apaisé. À quelques jours du scrutin présidentiel, cette rare convergence de voix au sein de l’opposition met en lumière un climat de campagne tendu, où la question du respect des libertés publiques s’impose désormais au cœur du débat électoral.

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