Cameroun-nécrologie : vie et mort de Ange Ebogo Emerant

La scène musicale camerounaise est en deuil. Ange Ebogo Emérant, 73 ans, pilier immuable et voix iconique du bikutsi, s’est éteint ce 28 août 2025 au CHU de Yaoundé, emportant avec lui une part inestimable du patrimoine culturel du pays. Né un 4 décembre 1952 dans la localité de Mfou, l’artiste laisse derrière lui une œuvre monumentale et un vide abyssal dans le cœur de millions d’aficionados.

Plus qu’un simple musicien, Ange Ebogo Emérant était l’incarnation même d’un rythme, d’une identité, d’une vibration propre au Cameroun. Son nom reste à jamais gravé dans l’histoire pour avoir porté haut les couleurs du bikutsi, ce genre musical ancestral beti, le transformant en un phénomène national et international. Avec une carrière aussi prolifique que brillante, il est l’auteur d’une discographie vertigineuse comprenant plus de 24 albums et plus de 400 chansons. Chaque composition était un chapitre d’une saga dédiée à la vie, à l’amour, aux traditions et aux réalités sociales.

Son statut de monument de la culture camerounaise n’a jamais éclipsé son rôle de formateur et de mentor. Il fut un passeur de savoir, guidant avec bienveillance et exigence plusieurs générations de jeunes artistes avides de s’abreuver à la source de son génie. Son héritage musical est donc double : une oeuvre artistique colossale et une lignée de disciples qui perpétueront sa mémoire et ses rythmes. Aujourd’hui, une page sublime de la musique africaine se tourne. La légende s’est tue, mais le bikutsi, qu’il a tant chéri et magnifié, continuera de résonner comme l’écho éternel de son talent immense.

Né le 4 décembre 1952 à Mfou, dans la région du Centre, Ange Ebogo Emérant était bien plus qu’un simple musicien. Auteur, compositeur, guitariste et arrangeur, il a marqué de son empreinte l’histoire musicale du Cameroun. Malgré une formation initiale en menuiserie et coffrage, c’est sa passion pour le chant qui l’a propulsé sur le devant de la scène. D’abord choriste, il se produit dans les cabarets de la capitale avant de se faire un nom en 1987. Sa voix unique, saluée par ses pairs, lui a valu le surnom de « La Voix d’Or de la musique camerounaise et africaine ».

La nouvelle a suscité une vive émotion et de nombreux hommages. Sur les réseaux sociaux, le musicien Ayissi Le Duc a salué la mémoire du « Patriarche » et de « l’Âme de Lumière de la Musique ». Cet hommage, partagé par d’autres acteurs du monde culturel, témoigne de l’impact durable de l’artiste.

Le décès d’Ange Ebogo Emérant marque la fin d’une ère pour le Bikutsi, genre musical qu’il a contribué à populariser et à enrichir. Sa disparition laisse un grand vide dans le paysage culturel camerounais, mais son héritage musical continuera de résonner pour les générations futures, rappelant le talent d’un homme qui a su faire vibrer des millions de cœurs.

Laisser un commentaire