Cameroun : des militants du MRC toujours en garde à vue trois semaines après leur arrestation

Interpellés le 4 août à Yaoundé alors qu’ils tentaient d’assister aux audiences du contentieux pré-électoral, dix militants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) sont toujours en garde à vue. Le collectif d’avocats Sylvain Souop et la direction du parti dénoncent une détention prolongée illégale.

Au Cameroun, le collectif d’avocats Sylvain Souop appelle à la libération des dix personnes encore détenues dans un commissariat de Yaoundé, plus de trois semaines après leur arrestation, le 4 août dernier.  Au total, 52 personnes avaient été arrêtées ce jour-là au Cameroun. Parmi elles, dix sont toujours retenues. Il s’agit de militants et de sympathisants du parti d’opposition MRC, venus assister aux audiences publiques du contentieux pré-électoral au Conseil constitutionnel. L’accès à la salle leur avait été interdit, rappelle l’avocat Hyppolite Meli. « Il n’y a eu ni bagarre ni manifestation », assure-t-il. Pourtant, ces militants ont été interpellés peu après, dans un supermarché, et accusés de « rébellion ».

A en croire RFI, l’avocat dénonce des gardes à vue prolongées illégalement. « Le procès du fond a levé la garde à vue administrative. Mais les dix ont été retenus ». « Jusqu’à présent, ils sont encore au commissariat central, dit-on, parce qu’il y a un téléphone qui a été endommagé. Ils sont maintenus en détention sans acte administratif et sans décision de l’autorité judiciaire. Aucun procureur n’a rencontré ces dix personnes. Malgré nos appels, nous n’avons obtenu aucune clarification. Aujourd’hui, on attend qu’un juge puisse statuer sur leur sort ».

Plus étonnant encore, leur maintien en détention serait lié, selon leurs avocats, à un différend autour d’un téléphone endommagé. La police exigerait 25 000 francs CFA pour réparer l’appareil et accéder à son contenu, refusant de couvrir les frais avec les budgets judiciaires prévus à cet effet. Face à ce qu’il qualifie “ d’abus manifeste”, le président par intérim du MRC, Mamadou Mota, exige la libération immédiate des détenus.

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