Cameroun : le gouvernement dévoile son « grand choc fiscal » pour l’emploi des jeunes

Le défi de l’emploi jeune au Cameroun est chronique. Face à une jeunesse diplômée qui attend d’être insérée, le gouvernement a décidé de passer de la parole à l’acte à travers  le Projet de Loi de Finances 2026 (N° 2091/PJL/AN). L’État ne veut plus seulement encourager l’embauche, il veut forcer les entreprises privées à devenir les locomotives de l’insertion professionnelle.

L’ère des déclarations d’intention est révolue. Le texte budgétaire 2026 intègre une disposition claire et chiffrée, une véritable incitation fiscale conçue pour transformer le paysage de l’embauche nationale. Au cœur de ce dispositif révolutionnaire se trouve l’Article 105, une mesure audacieuse qui vise directement à réduire le coût du travail pour les entreprises.

Ce que dit la loi, c’est simple : toute entreprise relevant du régime du réel qui recrute un jeune diplômé camerounais de moins de 35 ans (en CDI, CDD, stage pré-emploi ou alternance) est exemptée des charges fiscales et patronales sur le salaire versé !

L’État retire ainsi une charge financière considérable de l’équation, laissant à l’entreprise uniquement les charges sociales à payer. C’est un allègement majeur.

Pour garantir l’efficacité et la pérennité de la mesure, le législateur a balisé le terrain. L’avantage fiscal est accordé pour une période de trois ans à compter de la signature du contrat. Cela donne à l’entreprise le temps d’évaluer, de former et d’intégrer le nouveau collaborateur sans la pression fiscale immédiate. Sont visées, les entreprises du régime du réel, mais aussi celles adhérentes à un Centre de Gestion Agréé, permettant ainsi aux PME et aux industries naissantes souvent les plus frileuses à embaucher  de profiter pleinement de cet avantage.

Le « crédit d’impôt » en bonus

Mais l’État ne s’arrête pas là. Reconnaissant que former un jeune diplômé coûte du temps et de l’argent, une mesure complémentaire est ajoutée.

Les entreprises bénéficient d’un crédit d’impôt égal à 20 % des charges effectivement supportées pour la formation, l’encadrement et l’insertion professionnelle de ces jeunes. L’État encourage non seulement l’embauche, mais aussi l’investissement dans le capital humain. Cette nouvelle disposition est une bouffée d’oxygène pour le secteur privé, et une opportunité historique pour la jeunesse. En allégeant le fardeau fiscal initial des entreprises, l’État prend une part du risque d’embauche.

Laisser un commentaire