Cameroun–États-Unis : Yaoundé veut attirer les investisseurs américains dans les secteurs de l’eau et de l’énergie

Le Cameroun entend renforcer sa coopération économique avec les États-Unis afin d’accélérer la modernisation de ses infrastructures d’eau et d’électricité. À l’occasion d’une rencontre entre le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, et le chargé d’affaires par intérim de l’ambassade américaine, John G. Robinson, les deux pays ont exploré de nouvelles perspectives d’investissement, alors que le gouvernement multiplie les réformes pour améliorer l’accès aux services essentiels et accroître la capacité énergétique nationale.

Le partenariat entre le Cameroun et les États-Unis pourrait connaître une nouvelle impulsion dans les domaines stratégiques de l’eau et de l’énergie. Le 24 juillet 2026, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a reçu John G. Robinson, chargé d’affaires par intérim de l’ambassade des États-Unis au Cameroun, pour des échanges consacrés aux opportunités d’investissement et au renforcement de la coopération bilatérale.

Au cœur des discussions figuraient les perspectives offertes aux entreprises américaines dans les grands projets que le Cameroun prévoit de déployer au cours des prochaines années. Les deux parties ont notamment abordé les possibilités de partenariats techniques et industriels, les solutions de financement ainsi que les mécanismes susceptibles d’accompagner la modernisation des infrastructures hydrauliques et énergétiques.

Cette rencontre s’inscrit dans la stratégie du gouvernement camerounais visant à répondre à une demande croissante en électricité et en eau potable, tout en créant un environnement plus attractif pour les investisseurs étrangers.

Des besoins énergétiques en forte croissance

Le potentiel du marché camerounais apparaît particulièrement important. Selon les projections du département américain du Commerce, le Cameroun ambitionne d’augmenter sa capacité de production électrique d’au moins 3 500 mégawatts au cours de la prochaine décennie. Le pays prévoit également de réaliser près d’un million de nouveaux raccordements électriques grâce à l’extension du réseau national, à sa densification et au développement de mini-réseaux, notamment dans les localités encore insuffisamment desservies.

Ces investissements devraient ouvrir de nombreuses perspectives aux entreprises spécialisées dans la production, le transport et la distribution d’électricité, mais aussi dans les énergies renouvelables, les équipements électriques et les services d’ingénierie liés aux infrastructures énergétiques.

Les réformes engagées par le gouvernement mises en avant

Au cours de cette séance de travail, Gaston Eloundou Essomba a présenté les principales réformes engagées par les autorités camerounaises pour restructurer le secteur électrique. Il est notamment revenu sur la création de la Société camerounaise d’électricité (SOCADEL), mise en place dans le cadre de la reprise par l’État des activités auparavant assurées par Eneo.

Les échanges ont également porté sur les efforts engagés pour assainir les finances du secteur, confronté à une dette évaluée à environ 800 milliards de francs CFA. Les deux parties ont examiné les pistes permettant d’améliorer durablement la qualité du service, notamment par la réduction des surcharges sur le réseau, le renforcement des capacités de transformation électrique, l’installation de nouveaux transformateurs et la réalisation de travaux ciblés dans les zones les plus exposées aux perturbations.

L’amélioration de l’accès à l’eau potable a également figuré parmi les priorités évoquées, les autorités souhaitant mobiliser davantage de financements et de technologies afin d’accélérer la réalisation des infrastructures nécessaires.

Une coopération économique appelée à se renforcer

Cette rencontre confirme l’intérêt croissant des États-Unis pour les opportunités économiques qu’offre le Cameroun. Lors du salon PROMOTE 2026 organisé à Yaoundé, John G. Robinson avait déjà souligné la volonté de Washington de promouvoir les investissements privés, les partenariats industriels et le développement des échanges commerciaux avec le Cameroun.

Plusieurs groupes américains occupent déjà une place importante dans le secteur énergétique camerounais. General Electric a participé à plusieurs projets structurants dans la production d’électricité, tandis que Chevron poursuit son implication dans le développement du projet gazier transfrontalier Yoyo-Yolanda, mené conjointement entre le Cameroun et la Guinée équatoriale.

À travers cette nouvelle dynamique de coopération, Yaoundé espère attirer davantage de capitaux, de technologies et d’expertises américaines afin d’accélérer la transformation de ses secteurs de l’eau et de l’énergie. Pour le gouvernement, ces investissements sont essentiels pour soutenir la croissance économique, renforcer la compétitivité du pays et améliorer les conditions de vie des populations grâce à un accès plus fiable aux services de base.

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