
Le Cameroun fait face à une grave pénurie de professionnels de santé, aggravée par l’exode des compétences (vers le Canada notamment), malgré des promesses de recrutement d’environ 9 944 agents sur quatre ans, avec seulement 350 recrutements effectués en un an.
la vision de développement à long terme du gouvernement est l’accession du Cameroun au stade de pays émergent aussi bien du point de vue économique qu’industriel à l’horizon 2035. Dans cette perspective, le rôle du secteur de la santé est fondamental dans la mesure où il ne saurait y avoir de développement sans une bonne santé des populations. Mais, le pays de Paul Biya souffre d’un déficit de professionnels de santé compétent.
Face à cela, le gouvernement cherche des solutions à travers des campagnes de recrutement ralenties, des investissements dans la formation (rénovation d’écoles sanitaires avec l’appui de la Banque mondiale, et des mesures fiscales pour le matériel, tout en déployant des efforts pour la couverture santé universelle et le renforcement des infrastructures, malgré un budget santé insuffisant.
Pour résorber ce déficit, le Minsanté a obtenu en 2026 un budget de 388 milliards 912 millions FCFA milliards FCFA en vue notamment de « renforcer la disponibilité des ressources humaines de qualité dans les formations sanitaires, d’élaborer un nouveau plan de développement des ressources humaines et de mener le plaidoyer et le dialogue social en faveur de l’amélioration des conditions de travail des personnels de santé ».

Former des professionnels de santé compétents reste un pilier de la sécurité sanitaire. Au Cameroun, cette mission repose en grande partie sur les écoles de formation des personnels sanitaires sous tutelle du ministère de la Santé publique (Minsanté). Mais sur le terrain, le diagnostic est jugé préoccupant : infrastructures vieillissantes, équipements insuffisants et capacité d’accueil dépassée par la hausse des effectifs.
Dans plusieurs établissements, les salles de cours sont surchargées, les laboratoires peu ou pas fonctionnels, les bibliothèques inexistantes et les espaces pratiques inadaptés aux exigences actuelles de la formation médicale et paramédicale. Certains bâtiments, construits il y a plusieurs décennies, n’ont jamais fait l’objet de véritables travaux de réhabilitation, alors même que les effectifs d’apprenants augmentent chaque année.