Cameroun : enfin la levée des scellés sur la dépouille de l’opposant Anicet Ekane…

Une correspondance officielle adressée au Directeur général de l’Hôpital central de Yaoundé annonce une évolution majeure dans le dossier relatif à la dépouille de Feu Ekane Anicet Georges. Décédé le 1er décembre 2025, le corps était conservé à la morgue de l’établissement sous scellés, sur décision du Commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire de Yaoundé.

Dans une lettre datée du 23 février 2026, le cabinet de Me H. B. Tiakouang Meli informe l’administration hospitalière de la levée des restrictions qui entouraient la conservation de la dépouille. Cette décision ouvre la voie à l’organisation des obsèques, après plusieurs semaines d’attente pour les ayants droit.

Le document précise que la veuve du défunt, née Sogue Jeanne Edwige, assumera désormais la responsabilité du corps au nom de la famille. Elle prendra également en charge les frais de conservation à compter de la notification officielle, jusqu’à la mise en bière dont la date sera fixée en concertation avec les proches.

« Immédiatement après avoir reçu la correspondance, nous avons saisi la direction de l’hôpital central de Yaoundé pour l’informer que, à compter de ce jour, la prise en charge des frais de conservation relevait donc du ressort de la famille et que la personne la mieux indiquée pour le faire, c’était sa veuve », explique Maître Hippolyte Melis, l’un des avocats de la famille.

En tant que soutien actif d’Issa Tchiroma Bakary, il était accusé, avec d’autres leaders, des faits d’insurrection et de rébellion après qu’il a reconnu la victoire d’Issa Tchiroma à cette présidentielle dont les résultats officiels, ont donné Paul Biya vainqueur.  

Les avocats dénoncent une « séquestration » 

Pour Maître Emmanuel Simh, la dépouille de l’opposant, qui revendiquait la victoire d’Issa Tchiroma à la dernière élection présidentielle, n’avait pas à rester aussi longtemps sous séquestre. 

« Pour nous, ce corps était en état de séquestration, même si on dit que c’était simplement des scellés, parce qu’en réalité, on aurait dû mettre le corps dans le scanner sous scellé, il ne faisait l’œuvre d’aucune contestation. La famille était prête à récupérer le corps dès le jour même de son décès ».

Les avocats espèrent entrer en possession, dans les prochains jours, du rapport d’autopsie resté secret jusqu’ici. Seule la famille décidera de la publication ou non du contenu de ce rapport. En attendant, sa famille, tant biologique que politique, peut désormais faire son deuil, 85 jours après son décès. 

Laisser un commentaire