
Réunis au Palais des Congrès de Yaoundé à l’occasion de l’ouverture officielle du salon e-Gov’A, décideurs publics, experts en technologies de l’information et entrepreneurs de la tech se sont retrouvés autour d’une ambition commune : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique sans papier et sans cash.
Sous l’impulsion du ministère des Postes et Télécommunications, présidé par Minette Libom Li Likeng, cet événement marque un virage décisif dans la modernisation de la gestion publique. Il ne s’agit plus seulement d’aligner des projets technologiques isolés ou de numériser des procédures au coup par coup, mais bien d’orchestrer une transformation systémique. Au cœur des travaux, l’intelligence artificielle et l’e-gouvernance sont abordées non comme des effets de mode, mais comme des leviers concrets pour simplifier le quotidien des usagers, renforcer la transparence des processus et accroître l’efficience de l’État.
Symbole concret de cette dynamique en pleine accélération, une annonce majeure a rythmé le démarrage du salon : l’adoption de la signature électronique sécurisée par 37 administrations sur les 40 que compte le paysage institutionnel central du pays. Ce saut technologique marque le début de la fin pour les validations manuscrites interminables et les déplacements physiques superflus. En garantissant l’authenticité et la valeur juridique des documents transmis par voie numérique, le gouvernement camerounais pose les jalons d’un fonctionnement plus agile et interconnecté.
Pour Joseph Le, ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, l’enjeu sous-jacent dépasse la simple adoption d’outils informatiques. Le numérique ne prend tout son sens que lorsqu’il se traduit par des gains mesurables de performance, une réduction des coûts transactionnels et une amélioration tangible du service rendu au citoyen. Pendant plusieurs jours, le salon e-Gov’A a réunit le secteur public et les acteurs privés autour de démonstrations en direct, de masterclass, d’ateliers sur la cybersécurité et d’un hackathon réunissant la jeunesse innovante. Les échanges mettent l’accent sur la nécessité de sortir des initiatives en silos pour faire émerger une véritable interopérabilité entre les plateformes des ministères.
Mais la modernisation ne saurait se faire sans garde-fous. Les experts mobilisés au cours des travaux ont rappelé avec insistance qu’aucune souveraineté numérique ou algorithmique ne peut exister sans une maîtrise stricte des données nationales. En affirmant sa volonté de bâtir une administration moderne, numérique et sécurisée, Yaoundé envoie un signal fort à l’échelle du continent : l’Afrique est désormais prête à réinventer son modèle d’action publique au rythme de l’innovation technologique.