Cameroun – Crise post-électorale : l’Union européenne « profondément préoccupée »

L’Union européenne (UE) a exprimé ce lundi 27 octobre 2025 sa profonde préoccupation face aux tensions post-électorales observées au Cameroun depuis la proclamation des résultats de la présidentielle. Dans une déclaration rendue publique à Bruxelles, le porte-parole du Service diplomatique européen, a déclaré que « l’Union européenne exprime sa profonde préoccupation face à la répression violente des manifestations qui ont eu lieu les 26 et 27 octobre 2025, et déplore la mort par arme à feu de plusieurs civils ».

L’Union européenne condamne la violente répression des manifestations post-électorales au Cameroun, qui a causé la mort de plusieurs civils les 26 et 27 octobre 2025. Elle exhorte les autorités à libérer toutes les personnes arrêtées arbitrairement et à garantir la justice pour les victimes. L’UE appelle  au dialogue et au respect des principes démocratiques inscrits dans l’Accord de Samoa et la Constitution camerounaise. «L’Union européenne prend note de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle par le Conseil constitutionnel le 27 octobre 2025.

Elle rappelle que son partenariat avec le Cameroun, partenaire de longue date de l’Union européenne, repose sur l’Accord de Samoa, qui promeut les principes de bonne gouvernance, de démocratie, de respect des droits de l’homme et de l’État de droit. Elle souligne dans ce cadre l’engagement commun à respecter les libertés d’association, de réunion et d’expression, également consacrées par la Constitution du Cameroun.

L’Union européenne exprime sa profonde préoccupation face à la répression violente des manifestations qui ont eu lieu les 26 et 27 octobre 2025, et déplore la mort par arme à feu de plusieurs civils. Elle souligne en outre l’importance de garantir la sécurité et l’intégrité physique de tous les acteurs politiques de ce processus.

L’Union européenne invite les autorités camerounaises à identifier les responsabilités, à faire preuve de transparence et à faire justice afin de lutter contre le recours excessif à la violence et les violations des droits humains. Elle appelle également à la libération de toutes les personnes détenues arbitrairement depuis l’élection présidentielle.

L’Union européenne invite toutes les parties à faire preuve de retenue et à s’abstenir de toute action susceptible d’exacerber les tensions. Elle encourage tous les acteurs politiques et sociaux à engager rapidement un dialogue constructif afin de préserver la stabilité et la cohésion nationale et de promouvoir les valeurs démocratiques et les droits de l’homme.»

Cette prise de position constitue la première réaction officielle d’un partenaire international du Cameroun depuis le scrutin du 12 octobre 2025, marqué par des contestations violentes. Le 26 octobre, Issa Tchiroma Bakary avait déjà dénoncé le « silence coupable » de la communauté internationale : « Si la communauté internationale ne voit pas cet abus de pouvoir, à un moment, il faudra arrêter. La communauté internationale, vous devenez complice, ce n’est pas possible de laisser un peuple être martyrisé comme ça », avait-il déclaré.

Par ailleurs, aucun diplomate européen n’a assisté à la cérémonie officielle de proclamation des résultats organisée le 27 octobre par le Conseil constitutionnel à Yaoundé. Aucune explication n’a été donnée publiquement, mais plusieurs observateurs y voient un signe de désapprobation tacite du déroulement du processus électoral, jugé entaché d’irrégularités.

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