
Le Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam) publie son rapport sur les conséquences de la crise post-électorale au Cameroun. L’évaluation porte sur la période du 26 octobre au 5 novembre 2025 menée auprès de 289 entreprises (membres ou non du Gecam) la plupart à Douala, et de onze organisations professionnelles.
Les violences post-électorales qui ont émaillé l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 au Cameroun ont provoqué des pertes d’un montant total de 254,6 milliards de FCFA à l’économie nationale. Selon le Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam), qui révèle ce chiffre dans un rapport d’enquête qui vient d’être rendu public, ces manque-à-gagner sont répartis entre les entreprises et l’administration fiscale.
Concrètement, les pertes des entreprises sont globalement estimées à 211,4 milliards de FCFA, correspondant à 0,6% du PIB du Cameroun en 2025. Sur cette enveloppe, apprend-on, 202,3 milliards de FCFA représentent le manque-à-gagner occasionné par une « contraction moyenne du chiffre d’affaires de 33,5% » pendant la crise, tandis que les dommages matériels (vols, destructions, incendies) subis par les entreprises sont évalués à 9,1 milliards de FCFA.
A en croire l’analyse de investiraucameroun, les pertes des entreprises ont déteint sur la collecte des recettes fiscales. En effet, précise le rapport de la principale organisation patronale du Cameroun, « les finances publiques ont également été affectées, avec un manque-à-gagner fiscal immédiat évalué à 43,3 milliards de FCFA, principalement au titre de la TVA – taxe sur la valeur ajoutée – et de l’Impôt sur les sociétés ».

Douala, épicentre de la crise
Le Gecam fait observer qu’en dépit d’une intensification « particulière » des manifestations post-électorales dans les régions du Littoral, du Nord, de l’Adamaoua, de l’Extrême-Nord, du Sud-Ouest, de l’Ouest et de l’Est, la ville de Douala – région du Littoral – a concentré près de 65% des pertes globales. La capitale économique camerounaise cumule toute seule un manque-à-gagner estimé à 160,3 milliards de FCFA, selon le rapport d’évaluation du patronat.
Près de 20% des entreprises ont procédé à des réductions d’effectifs, plus d’un tiers des entreprises affirme ne pas pouvoir honorer ses échéances bancaires. Face à cette situation, le Gecam dresse une série de recommandations. « Le premier groupe de recommandations est d’ordre financier. Les entreprises sont pratiquement unanimes sur la nécessité d’activer le levier de la fiscalité.
En particulier, elles souhaiteraient qu’il y ait un allégement fiscal et un moratoire sur les contrôles et les reports d’échéance. Ensuite, les très petites et les très petites entreprises et les petites et moyennes entreprises souhaitent que soient mises en place des subventions et des lignes de crédit à taux bonifié pour faire face aux conséquences de la crise », suggère le directeur exécutif du Gecam.