
Le phénomène des féminicides continue de susciter de vives inquiétudes au Cameroun. Selon un rapport publié par des organisations de la société civile, 53 femmes et filles ont été tuées entre le 1er janvier et le 29 juillet 2026. Parmi elles, sept mineures auraient été victimes de violences sexuelles avant d’être assassinées, révélant l’ampleur d’un fléau qui demeure largement sous-documenté par les autorités.
Les violences faites aux femmes prennent une ampleur préoccupante au Cameroun. D’après un rapport rendu public le 29 juillet 2026 par plusieurs organisations de la société civile, 53 féminicides ont été enregistrés au cours des sept premiers mois de l’année, soit entre le 1er janvier et le 29 juillet 2026. Ces chiffres, établis à partir des cas documentés par les organisations, mettent en évidence une recrudescence des violences meurtrières visant les femmes et les jeunes filles.
Parmi les données les plus alarmantes figure le sort réservé aux plus jeunes victimes. Le rapport indique que 7 mineures ont été violées avant d’être tuées, illustrant l’extrême violence de certains crimes. Les victimes recensées dans les cas documentés étaient âgées de 10 à 22 ans, preuve que les adolescentes et les jeunes femmes figurent parmi les catégories les plus exposées.
Les cas répertoriés concernent au moins cinq régions du pays. Dans la région du Centre, deux fillettes de 11 et 12 ans ont été tuées à Mfou et à Yaoundé. Dans le Sud, trois victimes âgées de 10, 18 et 22 ans ont perdu la vie, dont deux le même jour à Kribi. La région de l’Extrême-Nord a également enregistré le meurtre d’une adolescente de 14 ans, tandis qu’à Bafoussam, dans la région de l’Ouest, une jeune femme de 22 ans figure parmi les dernières victimes recensées.
Au-delà de ces affaires identifiées, le rapport fait état de 46 autres féminicides dont les détails n’ont pas été rendus publics. Ce chiffre montre que les cas médiatisés ne représentent qu’une partie d’une réalité plus vaste, documentée par les organisations de défense des droits humains.
Ces statistiques interviennent dans un contexte marqué par l’absence de données officielles consolidées. Jusqu’à présent, aucune publication gouvernementale n’est venue confirmer ou contester les chiffres avancés par la société civile, ce qui complique l’évaluation précise de l’ampleur du phénomène et la mise en place de politiques publiques adaptées.
Pour les organisations engagées dans la lutte contre les violences basées sur le genre, ces 53 féminicides en seulement sept mois constituent un signal d’alerte qui appelle une réponse urgente. Elles plaident notamment pour un renforcement de la prévention, une meilleure protection des femmes et des filles, un accompagnement accru des victimes de violences ainsi qu’une réponse judiciaire plus rapide afin de lutter contre l’impunité.
Alors que le nombre de victimes continue de croître, les défenseurs des droits humains estiment qu’une stratégie nationale fondée sur des statistiques fiables, un suivi rigoureux des affaires et une coopération renforcée entre les institutions publiques et la société civile est indispensable pour enrayer ce phénomène. Les 53 décès recensés, dont 7 concernent des mineures victimes de violences sexuelles avant leur assassinat, rappellent l’urgence de faire de la lutte contre les féminicides une priorité nationale.