Cameroun : 20 000 jeunes du secteur informel bientôt bénéficiaires d’une subvention de 275 000 FCFA

Le gouvernement camerounais s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa politique d’insertion socioéconomique des jeunes. À travers la deuxième phase du Programme d’inclusion économique des jeunes (IEJ), 20 000 jeunes exerçant une activité indépendante dans le secteur informel pourront bénéficier d’un appui financier non remboursable de 275 000 FCFA chacun. Une opération dotée d’une enveloppe globale de 5,5 milliards de FCFA, qui sera déployée dans huit villes du pays avec le soutien de la Banque mondiale.

Le dispositif de lutte contre la précarité et de promotion de l’autonomisation économique des jeunes prend de l’ampleur au Cameroun. Dans un communiqué signé le 4 novembre 2026, le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey, a annoncé l’ouverture prochaine des candidatures pour la deuxième phase du Programme d’inclusion économique des jeunes.

Cette nouvelle opération ambitionne de soutenir 20 000 jeunes qui développent leurs propres activités dans le secteur informel. Chaque bénéficiaire retenu pourra recevoir une subvention de 275 000 FCFA, sans obligation de remboursement. Le financement global consacré à cette phase est ainsi estimé à 5,5 milliards de FCFA.

L’aide financière sera versée par voie électronique, en deux tranches, conformément aux modalités prévues dans les documents du Projet Filets sociaux adaptatifs et d’inclusion économique (PFS-AIE). L’objectif est de donner aux bénéficiaires les moyens de consolider leurs petites activités génératrices de revenus, d’améliorer leurs équipements et de renforcer leur capacité de production.

Huit villes concernées par le recrutement

Pour cette deuxième phase, le programme entend toucher une population jeune confrontée aux difficultés d’accès à l’emploi formel et aux financements classiques. Il s’adresse particulièrement aux personnes âgées de 18 à 35 ans, exerçant à leur propre compte dans le secteur informel et considérées comme économiquement vulnérables.

Les candidats devront résider dans l’une des huit villes retenues : Maroua, Garoua, Ngaoundéré, Bertoua, Ebolowa, Bafoussam, Douala ou Yaoundé.

Selon le calendrier annoncé, les inscriptions en ligne sont prévues du 9 novembre au 9 décembre 2026, à travers le portail du Projet Filets sociaux adaptatifs et d’inclusion économique. Cette période permettra aux jeunes remplissant les critères d’éligibilité de soumettre leurs candidatures en vue de la sélection des bénéficiaires.

L’élargissement géographique constitue l’une des principales évolutions de cette nouvelle phase. Alors que la première opération concernait quatre villes, le dispositif s’étend désormais à quatre autres centres urbains, notamment Garoua, Ngaoundéré, Bertoua et Bafoussam.

Au-delà de l’argent, un accompagnement pour pérenniser les activités

L’ambition du programme ne se limite pas à la distribution des subventions. Le gouvernement prévoit également un accompagnement technique destiné à améliorer les compétences entrepreneuriales des bénéficiaires.

Des formations en gestion d’entreprise, des séances de coaching ainsi qu’un suivi après le financement doivent compléter l’appui financier. Ces différentes prestations visent à permettre aux jeunes de mieux organiser leurs activités, de maîtriser les bases de la gestion financière et de développer des stratégies adaptées à leurs marchés.

Les secteurs du petit commerce, de l’artisanat et des services figurent notamment parmi les domaines susceptibles de bénéficier de cette dynamique. À travers cette approche combinant financement et renforcement des capacités, le dispositif entend favoriser la viabilité des microactivités et limiter les risques d’échec après l’obtention de l’aide.

Le programme bénéficie de l’appui de la Banque mondiale, dans le cadre du PFS-AIE, qui constitue l’un des instruments mobilisés par les pouvoirs publics pour renforcer la protection sociale et promouvoir l’inclusion économique des populations vulnérables.

Un objectif national de 65 000 jeunes à accompagner

Cette deuxième phase s’inscrit dans un programme plus vaste dont l’objectif est d’accompagner 65 000 jeunes à travers le territoire national. Avec ses 20 000 bénéficiaires annoncés, elle représente environ 30,8 % de la cible globale.

La première phase, lancée en 2024, avait pour ambition de soutenir 15 000 jeunes dans les villes de Maroua, Ebolowa, Douala et Yaoundé. La deuxième étape porte donc le nombre de bénéficiaires visés à 35 000, tandis qu’une troisième phase, annoncée pour 30 000 personnes supplémentaires, doit permettre d’atteindre l’objectif initial.

Cette montée en puissance traduit la volonté des autorités de faire de l’inclusion économique un levier de réduction de la vulnérabilité des jeunes et de dynamisation du tissu entrepreneurial local.

Un financement renforcé pour soutenir le dispositif

La mise en œuvre de cette politique bénéficie également d’un renforcement de ses ressources financières. Le 25 août 2026, un accord de financement additionnel de 38,6 millions de dollars, soit environ 21 milliards de FCFA, a été signé avec l’Association internationale de développement (IDA), une institution du Groupe de la Banque mondiale.

Cette opération avait été précédée d’une autorisation présidentielle accordée le 22 juillet 2026, avant la publication d’un avenant en septembre. Ce financement supplémentaire vise à renforcer les capacités d’intervention du projet, même si les documents disponibles ne permettent pas, à eux seuls, de déterminer les montants effectivement décaissés.

À travers cette nouvelle campagne, les pouvoirs publics entendent apporter une réponse concrète aux difficultés d’insertion professionnelle auxquelles font face de nombreux jeunes. Dans un contexte où le secteur informel représente une importante source d’emplois et de revenus, l’enjeu consiste désormais à transformer ces petites initiatives économiques en activités plus structurées, productives et durables.

Pour les 20 000 bénéficiaires attendus, la subvention de 275 000 FCFA pourrait ainsi constituer un premier levier de consolidation de leurs activités et d’amélioration de leurs conditions de vie.

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