AFIS 2025 : voici pourquoi l’Afrique doit financer son propre développement 

La cinquième édition de l’Africa Financial Industry Summit (AFIS), ouverte le 3 novembre, a démarré sur un constat cinglant : « L’Afrique n’a pas un problème de capital », a lancé Amir Ben Yahmed, initiateur de l’événement et patron de Jeune Afrique. Le continent génère près de 500 milliards de dollars d’épargne par an. Le vrai défi ? Mobiliser ces fonds, structurer les grands projets et, surtout, croire en son propre potentiel.

Face aux tensions mondiales et à la dette élevée, Mathar Diop, Directeur Général de l’IFC (Société financière internationale), a donné le ton : « L’État ne peut plus financer seul le développement. » Le relais doit venir du secteur privé via la consolidation des marchés financiers locaux et l’épargne domestique. L’IFC se positionne d’ailleurs en partenaire majeur, ciblant l’investissement en monnaie locale et renforçant ses capacités de garantie. Son message aux banques africaines est direct : « Donnez-nous l’information pour que nous puissions apporter de l’equity. »

Le pays hôte, le Maroc, a été salué pour sa stratégie et sa trajectoire économique (croissance attendue à 4,8 %, inflation maîtrisée). Nadia Fettah, Ministre de l’Économie et des Finances, a mis en lumière une incohérence structurelle africaine avec 80 % des transactions intra-africaines qui se font encore en devises étrangères, ce qui renchérit les coûts mais aussi certains pays qui empruntent à des taux anormalement élevés.

D’où son appel à une architecture financière panafricaine : des mécanismes africains de garantie, des pools régionaux d’assurance et l’interopérabilité des bourses. Le message clé : « L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique. »

En clôture de la séance, les experts ont insisté : le vrai levier pour « Débloquer la puissance financière africaine » est l’investissement en fonds propres (equity) et le dé-risquage du marché. Les fonds de pension africains doivent cesser de regarder ailleurs.

L’AFIS (Africa Financial Industry Summit) 2025 est clair : transformons l’épargne africaine en croissance africaine. L’ambition et l’exécution sont les seuls leviers ; le capital, lui, suivra.

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