Cameroun : la candidature de Paul Biya à l’élection présidentielle de 2025 divise le gouvernement

Au Cameroun, de premières divergences apparaissent au sein du pouvoir camerounais dirigé de main de fer par Paul Biya depuis 42 ans. Si deux ministres ont démissionné la semaine dernière, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) assure qu’il sera le candidat du parti et que sa candidature est « déjà validée par les statuts » de la formation politique.

Lundi 7 juillet sur RFI, le porte-parole du gouvernement situait la candidature de Paul Biya à 50/50, et ce mardi matin, une autre figure du pouvoir évoque une candidature certaine à 100%, au nom du RDPC. En dépit du silence toujours aussi épais du principal concerné sur la question. En moins de 24 heures sur l’antenne de RFI, sur une même question – celle de la candidature ou non du président Paul Biya à sa propre succession – deux avis relativement distincts ont émané de personnalités se revendiquant proches du président. Selon René Sadi ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, le oui comme le non sont aujourd’hui d’égale valeur, « 50/50 », selon son expression employée sur RFI.

Cette sortie, abondamment commentée dans les médias et les réseaux sociaux au Cameroun, a entraîné une sorte de mise au point voulue aussi énergique que possible de la part d’une autre figure influente du sérail. Il s’agit de Jacques Fame Ndongo, secrétaire à la communication du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir, et non moins ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur.

« Paul Biya est le candidat du parti, et de manière absolue », a-t-il affirmé sur nos antennes, quelques heures seulement après l’intervention de son collègue du gouvernement. Une sortie corrective qui résonne avec un accent de divergence, alors Paul Biya lui-même garde encore le silence sur la question, à peine trois mois avant cette élection présidentielle.

« Le président va l’annoncer bientôt », assure néanmoins Jacques Fame Ndongo, qui ne dit rien en revanche de la forme que prendra cette annonce. Un congrès, une saisine de l’une des instances du parti, le bureau politique ou le comité central ou alors un simple communiqué de presse ? Pour l’heure, nul ne le sait.

D’après Jacques Fame Ndongo, Paul Biya aurait même « décodé, depuis belle lurette, les signes prémonitoires de ces départs, qui participent du jeu politique classique dans une démocratie libérale et avancée ». Il est au pouvoir depuis quarante-deux ans. Par ailleurs, M. Issa Tchiroma évoque publiquement une possible non-candidature de Paul Biya, dont les rumeurs sur la santé chancelante se multiplient, alors que ses apparitions publiques se raréfient.

Aujourd’hui, selon Le Monde, les conditions économiques dramatiques pourraient mobiliser les électeurs camerounais, pourtant habitués à l’apathie électorale. En 2018, seuls 3,5 millions des 6,6 millions d’inscrits ont pris part à la présidentielle, selon des chiffres de l’université de Bordeaux. Et l’élection avait été ponctuée de violences.

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