
Boko Haram utilisé désormais les armes les plus sophistiquées. L’attaque du 9 juin contre un camp militaire camerounais marque un tournant dans la guerre contre Boko Haram. Pour la troisième fois, le groupe jihadiste a utilisé des drones explosifs, faisant entrer le conflit qui l’oppose à l’armée dans une nouvelle ère.
La petite bourgade martyre de Sagmé, située dans l’arrondissement de Fotokol, département du Logone-et-Chari (région de l’Extrême-Nord), a de nouveau été la cible d’une attaque de Boko Haram. Dans la nuit du 8 au 9 juin, cette localité située à seulement sept kilomètres de la frontière nigériane a subi une nouvelle incursion du groupe jihadiste. Une de plus pour cette ville martyre qui illustre le calvaire des populations frontalières du Cameroun
Quatre soldats ont été tués lors d’une attaque menée par des terroristes de Boko Haram dans la région camerounaise de l’Extrême-Nord, a-t-on appris mardi de sources sécuritaires. Des hommes lourdement armés, membres présumés de Boko Haram, ont attaqué vers 2h du matin des postes avancés de l’armée à l’aide de drones, selon ces sources.
Depuis 2014, la région de l’Extrême-Nord est le théâtre d’attaques perpétrées par les terroristes de Boko Haram, qui sévissent également dans les régions frontalières du Nigeria. Les membres de Boko Haram et d’une branche dissidente, le groupe État Islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), multiplient ces dernières années les attaques meurtrières contre les forces de sécurité et les civils dans l’extrême nord du Cameroun comme dans les régions limitrophes des trois pays voisins, le Nigeria, le Niger et le Tchad. Ils y enlèvent fréquemment des civils, notamment des femmes et des enfants.
L’insurrection de Boko Haram est née en 2009 dans le nord-est du Nigeria avant de se propager dans les pays voisins. Depuis, plus de 36 000 personnes (principalement au Nigeria) ont été tuées, et 3 millions ont dû fuir leur domicile, selon l’ONU.