
La Commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac) dispose désormais d’un nouveau siège à la hauteur de ses ambitions régionales. Inauguré le 4 novembre 2026 à Yaoundé, en présence du ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, le Pr Jacques Fame Ndongo, représentant personnel du Premier ministre, ce complexe administratif de 16 milliards de FCFA se veut un centre stratégique pour la coordination des politiques de conservation et la gouvernance durable des ressources forestières du bassin du Congo.
La capitale camerounaise vient de franchir une nouvelle étape dans son positionnement comme centre névralgique de la coopération environnementale en Afrique centrale. Le nouveau bâtiment de la Commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac), officiellement inauguré le mercredi 4 novembre 2026, constitue une infrastructure majeure destinée à renforcer les capacités opérationnelles et institutionnelles de l’organisation.
Érigé sur une superficie de 4 971 m², le complexe a nécessité un investissement estimé à 16 milliards de FCFA. Il comprend un bâtiment principal de sept niveaux, un sous-sol, un amphithéâtre ainsi qu’un espace de stationnement pouvant accueillir 64 véhicules. L’ensemble a été conçu pour répondre aux exigences d’une administration moderne et offrir un cadre adapté aux rencontres diplomatiques, aux concertations techniques et aux grandes décisions relatives à l’avenir des forêts du bassin du Congo.
Au-delà de ses dimensions architecturales, l’édifice se distingue par ses équipements technologiques et ses références au patrimoine naturel de la sous-région. Il dispose notamment d’un système centralisé de gestion technique des installations et d’une salle de conférences de 180 places. Le choix du sapelli, bois emblématique des forêts d’Afrique centrale, traduit également la volonté d’inscrire l’identité du bâtiment dans la valorisation des ressources locales.
Cette inauguration, présidée par le Pr Jacques Fame Ndongo au nom du chef du gouvernement, s’est tenue dans le cadre de la 12e session ordinaire du Conseil des ministres de la Comifac. Une double séquence qui confère à l’événement une portée à la fois institutionnelle, politique et diplomatique.
Treize milliards de FCFA mobilisés pour les projets communautaires
La cérémonie a également été marquée par le bilan de la présidence sortante du Conseil des ministres, assurée par la représentante du Burundi. Au cours de son mandat, plusieurs avancées ont été enregistrées, notamment la mobilisation de 13 milliards de FCFA destinés au financement d’une vingtaine de projets communautaires.
Ces ressources ont contribué au renforcement de la coopération entre les États membres et à la consolidation des mécanismes de coordination régionale. Un bilan qui met en évidence l’importance des partenariats et de la mobilisation des financements dans la mise en œuvre des politiques de gestion durable des écosystèmes forestiers.
La nouvelle dynamique s’inscrit désormais dans la perspective du Plan de convergence 2026-2035. Ce document stratégique doit permettre de mieux harmoniser les interventions des pays membres, de renforcer la protection des forêts et de promouvoir une gestion responsable des ressources naturelles, dans un contexte marqué par l’accélération des changements climatiques.
L’Union européenne ainsi que les partenaires engagés dans la co-facilitation germano-congolaise du Partenariat pour les forêts du bassin du Congo (PFBC) ont, à cette occasion, renouvelé leur disponibilité à accompagner les États de la sous-région. Leur appui technique et financier devrait contribuer à rapprocher les initiatives internationales des priorités définies par les gouvernements concernés.
Le Cameroun consolide son rôle dans la préservation du bassin du Congo
En accueillant le siège de la Comifac et en mettant à disposition cette nouvelle infrastructure, le Cameroun réaffirme son engagement en faveur de la coopération forestière régionale. Le pays entend ainsi conforter son rôle dans la préservation du deuxième massif forestier tropical du monde, dont les enjeux dépassent largement les frontières de l’Afrique centrale.
Dans son intervention prononcée au nom du Premier ministre, le Pr Jacques Fame Ndongo a souligné la continuité de l’engagement des autorités camerounaises en matière de protection de la biodiversité, conformément aux orientations défendues par le président de la République, Paul Biya.
Cette ambition s’inscrit dans le prolongement de la Déclaration de Yaoundé de 1999 et du Traité de Brazzaville de 2005, deux références importantes de la coopération régionale en matière de conservation et de gestion des écosystèmes forestiers.
Mais au-delà des engagements politiques, la question du financement demeure déterminante. Face à l’ampleur des défis liés à la déforestation, à la dégradation des terres et aux changements climatiques, le Cameroun plaide pour des mécanismes financiers plus diversifiés, capables de mobiliser aussi bien les ressources publiques que les investissements privés. Dans cette perspective, le Congo Basin Forest Finance Facility apparaît comme un instrument appelé à jouer un rôle important dans la recherche de financements innovants au bénéfice des pays du bassin du Congo.
Un nouvel outil au service de l’avenir des forêts d’Afrique centrale
L’inauguration du siège de la Comifac dépasse ainsi le simple cadre de la réalisation d’un édifice administratif. Elle traduit une volonté de doter l’institution d’un environnement de travail susceptible de soutenir ses missions de coordination, de concertation et de mobilisation des partenaires. À l’heure où les forêts du bassin du Congo constituent un enjeu majeur pour l’équilibre climatique mondial, la biodiversité et les économies locales, les États d’Afrique centrale sont appelés à renforcer leurs actions communes.
Le nouveau siège de Yaoundé offre désormais un cadre institutionnel renforcé pour porter cette ambition. Le véritable défi sera toutefois de transformer cette avancée infrastructurelle en résultats concrets sur le terrain : davantage de financements mobilisés, une meilleure coordination des politiques nationales et une protection plus efficace du patrimoine forestier commun.