Mont Cameroun : après les secousses telluriques à Buea, les autorités renforcent les mesures de prévention face au risque volcanique

Les secousses sismiques enregistrées le 23 octobre 2026 dans plusieurs quartiers de Buea ravivent les inquiétudes autour de l’activité du mont Cameroun. Face à cette situation, le gouverneur de la région du Sud-Ouest, Bernard Okalia Bilai, a réuni mardi 3 novembre les autorités administratives, les responsables locaux et les services techniques afin de renforcer le dispositif de prévention et d’anticiper une éventuelle éruption volcanique. Si aucun signe alarmant n’a été officiellement relevé à ce stade, les préparatifs d’une possible évacuation des populations sont engagés.

La vigilance est de mise dans la région du Sud-Ouest. À la suite des mouvements sismiques ressentis le 23 octobre dernier à Buea, les autorités régionales intensifient les mesures de surveillance et de prévention autour du mont Cameroun, l’un des volcans actifs du continent africain.

C’est dans cette perspective que le gouverneur Bernard Okalia Bilai a présidé, le mardi 3 novembre 2026, une réunion de concertation consacrée à l’évaluation des risques et à la préparation d’une éventuelle situation d’urgence. Autour de la table figuraient notamment les responsables administratifs et municipaux, les services techniques ainsi que les chefs traditionnels des localités concernées.

Au centre des échanges : la nécessité de mettre en place un dispositif opérationnel permettant de protéger les populations en cas d’évolution de l’activité volcanique. Les participants ont ainsi examiné plusieurs mesures, parmi lesquelles l’identification de sites pouvant servir de refuges, la détermination des voies d’évacuation et le renforcement de la sensibilisation des habitants installés dans les zones exposées.

Cette mobilisation fait suite aux secousses telluriques du 23 octobre, qui ont été ressenties dans plusieurs secteurs de Buea, notamment Buea Town, Moli, Bokwaongo et Soppo. Les tremblements, dont la durée est estimée entre 10 et 15 secondes, ont provoqué des inquiétudes au sein des populations et remis au premier plan la question des risques liés au mont Cameroun.

Toutefois, les premières observations scientifiques ne semblent pas indiquer une situation nécessitant une réaction de panique. Au cours de la réunion, le délégué régional de la Recherche scientifique, le Dr Mafany Teke, a présenté les résultats des investigations menées dans onze villages après les secousses. Selon les conclusions communiquées aux participants, aucun élément préoccupant ne justifie actuellement une alerte majeure auprès des populations.

Cette appréciation ne signifie cependant pas que le risque volcanique est inexistant. Le mont Cameroun demeure un volcan actif, dont les manifestations peuvent nécessiter une surveillance permanente. Les données historiques de la Smithsonian Institution font état d’une dernière éruption répertoriée en mai-juin 2000. Un épisode explosif de courte durée a également été signalé le 3 février 2012.

Conscientes de cette réalité, les autorités régionales entendent privilégier l’anticipation plutôt que d’attendre une éventuelle aggravation de la situation. Le gouverneur Bernard Okalia Bilai a notamment instruit les chefs traditionnels de procéder à l’identification d’espaces sécurisés dans leurs différentes communautés. Ils sont également appelés à relayer les consignes de prévention et à préparer les habitants aux comportements à adopter en cas d’alerte.

Au-delà de la surveillance scientifique, l’efficacité du dispositif reposera donc sur la coordination entre les administrations, les collectivités territoriales, les services de sécurité et les communautés locales. Pour l’heure, les autorités appellent les populations à garder leur calme et à ne pas céder aux rumeurs. La priorité reste le suivi de l’activité du volcan, la diffusion d’informations fiables et la préparation des mécanismes d’intervention.

Dans une région régulièrement confrontée aux manifestations de l’activité du mont Cameroun, cette démarche rappelle l’importance de la prévention des risques naturels et de la préparation des communautés face à une éventuelle catastrophe volcanique.

Laisser un commentaire