
La maîtrise des risques industriels constitue un enjeu cardinal pour la pérennité de la chaîne logistique des hydrocarbures en Afrique centrale. C’est dans cette perspective que la Société Camerounaise des Dépôts Pétroliers (SCDP) a reçu le 28 octobre 2026 à Douala une délégation de la société française MUTHEC.
La rencontre de travail, présidée par Gabriel Eteki Ebokolo, Directeur général adjoint de la SCDP, a permis de réévaluer les standards de prévention et de renforcer la fiabilité des dispositifs de lutte contre l’incendie au sein des parcs de stockage du pays. La relation stratégique unissant les deux entités trouve en réalité ses racines au lendemain de l’incendie de la Société Nationale de Raffinage (SONARA) survenu en mai 2019.
Ce sinistre majeur a agi comme un électrochoc pour l’écosystème énergétique camerounais, incitant les gestionnaires d’infrastructures critiques à rehausser drastiquement leurs exigences de sécurité. Depuis lors, la collaboration entre la SCDP et MUTHEC s’inscrit dans le cadre rigoureux du « programme des invariants », un référentiel normatif visant à sanctuariser l’application de standards stricts en matière de gestion des risques.
Au cœur des discussions de cette dernière visite figurait la supervision des groupes motopompes incendie (GMPI). Véritables poumons des plans d’urgence, ces équipements névralgiques conditionnent la réactivité opérationnelle en cas de départ de feu. L’accompagnement technique assuré par MUTHEC permet à l’entreprise publique de s’assurer que chaque composant critique répond aux exigences de disponibilité permanente, réduisant ainsi la vulnérabilité des dépôts face à des accidents potentiels capables de paralyser tout l’approvisionnement national.
Au-delà de la dimension purement contractuelle, cette visite marque une étape notable dans l’implantation institutionnelle de l’équipementier européen. En choisissant d’installer directement au Cameroun la filiale dédiée à ses activités pour l’Afrique centrale, le groupe dirigé par Stéphane Brunet pose les jalons d’un partenariat de proximité.
La séquence s’est d’ailleurs prolongée par une visite guidée des installations du dépôt de Douala, offrant l’opportunité de confronter les modélisations théoriques aux réalités techniques de l’exploitation quotidienne. Pour l’économie camerounaise, la sécurisation des hubs de stockage pétrolier dépasse le cadre d’une simple obligation réglementaire. Dans un secteur où la moindre défaillance logistique peut perturber l’ensemble de la chaîne de distribution des produits blancs, la performance des dispositifs de sécurité s’impose comme un gage de souveraineté économique.
En consolidant ce partenariat technologique de long terme, la SCDP confirme sa volonté de maintenir un haut niveau d’exigence préventive. L’enjeu, pour les mois à venir, demeure de transformer cette rigueur technique en une garantie durable pour la protection des vies humaines, des actifs industriels et de la stabilité énergétique du pays.