
Du 15 au 17 octobre 2026, la deuxième édition du Cameroon International Tech Summit (CITS 2026) s’est tenu et a apparu comme le point de ralliement d’une jeunesse décidée à ne plus subir la fatalité du chômage en profitant des avantages du digital.
L’équation camerounaise est connue, vertigineuse mais pleine de promesses. Chaque année, ce sont plus de 120 000 jeunes diplômés qui font irruption sur un marché du travail formel sous tension, où seulement 6 000 d’entre eux décrochent un emploi salarié classique. Face à ce déséquilibre structurel, la réponse ne pouvait plus venir des seules administrations ou des circuits traditionnels. Elle est numérique, connectée et résolument tournée vers l’international. Avec plus de 10 000 participants et une cinquantaine d’investisseurs de premier plan, le CITS 2026 ne se contente pas de faire rêver : il structure un marché.
« Avec l’économie numérique, vous ne pouvez pas bouger seul », rappelait avec force Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et Télécommunications, soulignant l’exigence d’un écosystème global où l’infrastructure, le financement et la régulation s’imbriquent comme les rouages d’une même horloge. Car l’ambition portée par le sommet est claire : faire du Cameroun une plaque tournante incontournable de l’externalisation des services informatiques (IT outsourcing).
Programmation avancée, traitement massif de données ou intelligence artificielle : l’objectif est de permettre aux talents locaux de travailler depuis Douala, Yaoundé ou Bafoussam pour des entreprises basées en Europe, en Amérique du Nord ou en Asie. Pour ces jeunes cerveaux, c’est la promesse de s’affranchir des frontières géographiques et de transformer la pression démographique du pays en un formidable avantage comparatif.
Dans les travées du sommet, l’énergie est palpable. Des incubateurs, des mentors et des géants de la tech se croisent, partagent des visions et signent des partenariats. Pour Ayuk Etta, président du sommet, l’impulsion doit venir d’abord de la base : « La technologie et le numérique peuvent créer un chemin pour chaque jeune Camerounais. Ils ne doivent pas attendre le gouvernement ; ils peuvent créer, puis le gouvernement peut venir les soutenir. »
Cette audace, on la retrouve incarnée par une nouvelle génération d’entrepreneurs. À l’image de Marie-Noelle Ndi, venue chercher des clés pour aiguiser son sens de l’entrepreneuriat et nouer des alliances stratégiques, ou de Joseph Edet, fondateur de ThinkRide, une plateforme éducative primée à Douala et venue chercher à Yaoundé les clés d’un passage à l’échelle mondiale.
Ces parcours illustrent une mutation profonde : la jeunesse camerounaise ne se contente plus de consommer la technologie importée, elle la conçoit, l’adapte et l’exporte. Pendant ces trois jours, le CITS 2026 aura rappelé une vérité essentielle : au cœur de l’Afrique centrale, le salut économique se code au présent. En réussissant le pari de connecter la créativité locale aux flux d’investissements mondiaux, le Cameroun prouve que ses plus grands gisements d’or ne se trouvent pas sous terre, mais bien dans l’intelligence et l’ambition de sa jeunesse connectée.