
À l’approche de son audition dans le procès de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo, le lieutenant-colonel de gendarmerie Ayissi Nanga affirme faire l’objet de menaces de mort. Présent devant le Tribunal militaire de Yaoundé le 13 octobre 2026, l’officier a sollicité des mesures de protection tout en maintenant sa volonté de témoigner. Le président de la juridiction a demandé au commissaire du gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour assurer sa sécurité.
Le procès de l’assassinat de Martinez Zogo connaît un nouvel épisode marqué par les préoccupations liées à la sécurité d’un témoin. Le mardi 13 octobre 2026, le lieutenant-colonel Ayissi Nanga a fait part au Tribunal militaire de Yaoundé des menaces dont il affirme être la cible depuis l’annonce de sa participation à la procédure judiciaire.
Intervenant devant les magistrats militaires en soirée, l’officier a indiqué que les informations qu’il détient pourraient le placer dans une situation délicate. Malgré les risques qu’il dit encourir, il a exprimé sa détermination à comparaître. Pour illustrer les difficultés auxquelles il estime être confronté, il a déclaré se retrouver face à un choix « entre votre colère et ma petite vie ».
Toutefois, Ayissi Nanga n’a fourni aucune indication précise sur l’origine des menaces alléguées, ni sur les personnes susceptibles d’en être responsables. Face à ses déclarations, le président du tribunal a pris acte de ses inquiétudes et instruit le commissaire du gouvernement de prendre des mesures appropriées pour garantir sa protection.
Un témoin attendu sur les premières investigations
La comparution annoncée du lieutenant-colonel Ayissi Nanga revêt un intérêt particulier au regard de ses fonctions au moment de l’assassinat du journaliste, survenu en janvier 2023. Alors qu’il commandait le groupement de gendarmerie du Mfoundi, il a été associé aux premières investigations avant de participer aux travaux de la commission mixte police-gendarmerie mise en place pour les besoins de l’enquête.
Son passage devant la juridiction militaire est attendu après le contre-interrogatoire du lieutenant-colonel Dieudonné Bialo, dont la déposition se poursuit. Actuellement commandant en second de la légion de gendarmerie du Sud, Ayissi Nanga pourrait apporter des éclairages sur les premières étapes des investigations et sur le fonctionnement de la commission chargée de faire la lumière sur cette affaire.
La commission d’enquête au centre des débats
Au cours de son interrogatoire, Dieudonné Bialo a notamment expliqué avoir pris la relève d’Ayissi Nanga lorsque ce dernier avait été admis à l’École de guerre de Yaoundé. Cette transition a cependant suscité des interrogations au cours des débats, notamment sur la participation d’Ayissi Nanga à certains travaux de la commission après le remplacement annoncé.
La défense s’intéresse aux circonstances de cette réorganisation et aux responsabilités respectives des officiers impliqués dans les investigations. L’audition d’Ayissi Nanga pourrait ainsi permettre de préciser certains éléments concernant le déroulement de l’enquête initiale. À ce stade, il reste néanmoins impossible de déterminer quelles informations il apportera effectivement devant les juges.
Une audience suspendue aux prochaines étapes de la procédure
Les déclarations de l’officier sont intervenues alors que le tribunal examinait la poursuite des débats. Le contre-interrogatoire de Dieudonné Bialo par Léopold Maxime Eko Eko, ancien directeur général de la Recherche extérieure (DGRE) et accusé dans cette affaire, n’était pas encore terminé.
Le commissaire du gouvernement souhaitait voir les échanges se poursuivre afin que la juridiction puisse ensuite entendre le prochain témoin inscrit dans le déroulement de la procédure. L’intervention d’Ayissi Nanga a ainsi introduit une nouvelle préoccupation dans les débats : celle de la protection des personnes appelées à contribuer à la manifestation de la vérité.
Reste désormais à connaître les mesures concrètes qui seront prises pour assurer la sécurité de l’officier avant son audition. Aucune disposition précise n’avait encore été annoncée à l’audience sur ce point.
Dans une affaire judiciaire particulièrement sensible, les déclarations d’Ayissi Nanga ajoutent un enjeu supplémentaire à un procès dont les débats continuent de porter sur les conditions de l’enquête, les responsabilités des différents intervenants et les circonstances de la mort du journaliste. Son témoignage, lorsqu’il sera entendu, pourrait contribuer à éclairer certains aspects encore discutés devant le Tribunal militaire de Yaoundé.