
L’entreprise publique chargée de la gestion des intérêts de l’État dans le secteur des hydrocarbures propose six blocs d’exploration libres de tout engagement contractualisé. Couvrant une superficie globale estimée à près de 11 000 kilomètres carrés, ces périmètres s’étendent à la fois dans le bassin sous-exploré du Rio del Rey et dans le bassin de Douala/Kribi-Campo.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte structurel délicat pour le secteur extractif camerounais. Depuis plusieurs années, la production nationale de pétrole brut essuie un déclin naturel lié à l’épuisement progressif des champs historiques situés principalement dans le bassin du Rio del Rey. Face au recul des recettes pétrolières transférées au budget de l’État, la stratégie de la SNH repose sur la multiplication des appels à manifestation d’intérêt et sur l’assouplissement des cadres contractuels pour inciter les opérateurs à investir dans la phase d’exploration.
L’initiative s’inscrit dans la continuité des récentes négociations menées par le bras armé de l’État avec des partenaires internationaux, à l’instar d’Octavia Energy ou de Murphy Oil.
Ces signatures de Contrats de Partage de Production (CPP) témoignent d’une volonté d’accélérer la transition entre la prospection géophysique et le forage d’appréciation. En remettant sur la table une superficie aussi importante, la SNH cherche à maximiser les chances d’effectuer de nouvelles découvertes commercialement exploitables.
Pour le Cameroun, l’ouverture de ces 11 000 kilomètres carrés à la prospection constitue une urgence économique mais soulève plusieurs défis majeurs. À l’échelle internationale, les compagnies pétrolières et gazières procèdent à un arbitrage rigoureux de leurs allocations de capital, en privilégiant les zones à fort rendement et à faible risque opérationnel.
La SNH doit offrir des conditions fiscales et des contrats de partage de production suffisamment souples et protecteurs pour rivaliser avec d’autres bassins producteurs de la sous-région Golfe de Guinée.
Le coût financier lié à la réalisation des campagnes sismiques 3D et aux forages d’exploration demeure élevé. Les investisseurs ciblés analyseront la qualité des données géologiques existantes avant de s’engager formellement. Le temps nécessaire entre la signature d’un contrat d’exploration et la première extraction de pétrole s’étendant généralement sur cinq à sept ans, les retombées financières pour l’économie nationale s’évalueront à moyen et long terme.
Pour séduire des majors ou des indépendants de premier plan, la SNH devra valoriser le potentiel gazier associé à ces blocs, le gaz naturel apparaissant comme une énergie de transition stratégique pour la production d’électricité locale et l’exportation via le gaz naturel liquéfié (GNL). La relance de l’exploration sur ces six blocs stratégiques conditionnera la capacité du Cameroun à stabiliser son profil de production hydrocarbure et à garantir la durabilité de ses revenus budgétaires pour la prochaine décennie.