
Le gouvernement camerounais et la Banque mondiale entendent donner un nouvel élan au Projet régional pour l’amélioration du corridor rail-route Douala-N’Djamena. Au cœur des échanges entre le ministre des Transports et une délégation de l’institution financière internationale : la levée des blocages, la finalisation des contrats ferroviaires et le renforcement du suivi opérationnel pour limiter les retards.
Le Cameroun entend franchir un nouveau cap dans la mise en œuvre du Projet régional pour l’amélioration du corridor rail-route Douala-N’Djamena (PCDN). C’est dans cette perspective que le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, a reçu, le 29 septembre 2026, une délégation de la Banque mondiale conduite par Anne-Cécile Souhaid, responsable du Pôle mondial d’expertise Transport pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Cette séance de travail a permis d’examiner les avancées du projet, mais également d’identifier les actions prioritaires nécessaires pour maintenir le rythme d’exécution.
Autour de la table figuraient notamment des responsables du ministère des Transports, le directeur général de Camrail ainsi que des représentants de l’Unité de gestion du projet. Les échanges ont porté sur plusieurs dimensions de la mise en œuvre, notamment les aspects techniques, institutionnels, administratifs et financiers. L’objectif était d’apprécier le niveau d’exécution des activités, de comprendre les facteurs à l’origine des retards enregistrés et de définir des solutions susceptibles de faciliter la progression des opérations.
Malgré les difficultés observées sur certains volets, l’appréciation générale de l’état d’avancement reste positive. Cette situation n’exclut toutefois pas la nécessité d’intensifier les efforts, en particulier sur les dossiers dont le traitement conditionne la poursuite des activités ferroviaires. Pour les différentes parties, l’enjeu consiste désormais à transformer les progrès réalisés en résultats concrets, tout en consolidant durablement les performances du réseau ferroviaire camerounais.
Les contrats ferroviaires au cœur des priorités
Pour lever les principaux obstacles, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè a demandé à Camrail d’accélérer la finalisation et la signature des contrats ferroviaires encore en attente. Cette étape est considérée comme déterminante pour engager les prochaines phases opérationnelles et éviter que les lenteurs administratives ne compromettent davantage le calendrier du projet.
Le membre du gouvernement a également insisté sur la nécessité d’améliorer la concertation entre Camrail, la Direction des Transports ferroviaires et la Banque mondiale. Une collaboration plus étroite entre ces différents intervenants doit permettre de fluidifier le traitement des dossiers, d’anticiper les difficultés et de garantir un suivi plus régulier des engagements pris.
Au-delà des questions contractuelles, le ministre a plaidé pour une présence renforcée des équipes sur le terrain et une mobilisation plus rapide des investissements. Il a toutefois rappelé que l’accélération des dépenses et des activités doit s’accompagner d’exigences élevées en matière de transparence et de rigueur dans la gestion des ressources. La formation des acteurs impliqués et le développement de leurs compétences figurent également parmi les pistes à approfondir avec l’appui de la Banque mondiale, afin d’améliorer les capacités d’exécution et la maîtrise des différentes composantes du programme.
La Banque mondiale renforce son accompagnement
Pour sa part, Anne-Cécile Souhaid a fait état d’un renforcement récent de l’équipe de la Banque mondiale mobilisée sur le projet. Cette évolution vise à intensifier l’assistance technique apportée au Cameroun, à faciliter la résolution des difficultés rencontrées et à réduire les délais nécessaires à l’exécution des activités prévues.
Cet accompagnement s’inscrit dans une démarche visant à soutenir les réformes engagées et à favoriser une mise en œuvre plus efficace du programme. La disponibilité d’une expertise renforcée devrait ainsi contribuer à améliorer le suivi des opérations et à faciliter la coordination entre les différents partenaires.
En réaffirmant sa volonté de contribuer à la résolution des derniers points de blocage, le ministre des Transports a salué la continuité de l’engagement de la Banque mondiale auprès du Cameroun. Cette volonté commune traduit l’ambition de faire progresser le corridor Douala-N’Djamena, dont la dimension ferroviaire constitue un élément important de la liaison entre le port de Douala et la capitale tchadienne.
À présent, la concrétisation des engagements pris, notamment sur les contrats en suspens, la mobilisation des investissements et le suivi des activités, sera déterminante pour maintenir la dynamique du projet. L’enjeu est de consolider les acquis, de mieux maîtriser les délais et de renforcer durablement l’efficacité de cet axe de transport régional.