
À Ketté, dans la région de l’Est, le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique (MINMIDT) a engagé une campagne de sensibilisation destinée à mieux encadrer l’exploitation artisanale de l’or. L’initiative, qui doit également toucher l’Adamaoua, vise à réduire l’informel, renforcer la traçabilité du métal précieux et faire davantage bénéficier les communautés locales des revenus générés par l’activité minière.
Le secteur de l’or artisanal entre dans une nouvelle phase de régulation au Cameroun. Le 5 octobre 2026, la commune de Ketté, dans la région de l’Est, a accueilli le lancement d’une campagne gouvernementale consacrée à la formalisation des activités minières artisanales.
La cérémonie s’est tenue à Beke Route, en présence d’une délégation de la TASK FORCE chargée du suivi des activités minières. Celle-ci était conduite par l’Inspecteur général du MINMIDT, Philippe Nyetam, accompagné de plusieurs responsables de l’administration centrale. Des autorités administratives, municipales et traditionnelles ainsi que de nombreux exploitants artisanaux ont pris part aux échanges.
Au-delà de la sensibilisation, l’enjeu est de faire progressivement sortir l’exploitation artisanale de l’or des circuits informels. Les discussions ont notamment porté sur les démarches permettant aux acteurs de travailler dans un cadre légal. La constitution de Groupements d’Intérêt Économique (GIE), l’acquisition de la carte d’artisan minier, les autorisations nécessaires à l’exploitation et les règles applicables à la commercialisation et à l’exportation de l’or ont été expliquées aux participants.
Pour le gouvernement, la formalisation constitue un levier essentiel pour mieux connaître les acteurs de la filière, contrôler les flux d’or et sécuriser les recettes publiques. Dans une zone où l’activité aurifère occupe une place importante dans l’économie locale, les autorités cherchent ainsi à limiter les pratiques clandestines et les sorties frauduleuses de la production.
La question de la traçabilité occupe une place centrale dans cette stratégie. En favorisant les circuits légaux, l’administration entend améliorer le suivi du minerai depuis son extraction jusqu’à sa commercialisation. L’objectif est également de réduire les pertes financières liées à la contrebande et de permettre à l’État ainsi qu’aux Collectivités Territoriales Décentralisées de bénéficier davantage des retombées de l’exploitation des ressources du sous-sol.
Mais la démarche ne s’arrête pas à Ketté. La campagne doit se poursuivre dans plusieurs autres zones minières de l’Est avant de s’étendre à la région de l’Adamaoua. À travers cette opération de proximité, le MINMIDT entend rapprocher les services publics des exploitants, mieux les informer sur leurs obligations et faciliter leur intégration dans le dispositif légal.
Derrière cette offensive réglementaire se trouve donc un double enjeu : lutter contre la fraude minière et améliorer les retombées économiques de l’or artisanal pour les territoires producteurs. Pour les autorités, la richesse aurifère ne doit plus seulement alimenter des circuits parallèles. Elle doit aussi contribuer au développement local, à travers une activité mieux organisée, plus transparente et davantage intégrée à l’économie formelle.
La campagne lancée à Ketté apparaît ainsi comme une première étape d’un processus plus large de réorganisation de l’exploitation artisanale de l’or dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua.